Eni va réduire de 25% les surpacacités de raffinage en Europe

vendredi 8 août 2014 15h38
 

par Stephen Jewkes

MILAN (Reuters) - La volonté du groupe pétrolier italien Eni de réduire de plus de moitié ses capacités de raffinage pourrait soulager l'ensemble du secteur en Europe, plombé par des surcapacités qui pèsent sur ses marges et qui se retrouveraient ainsi diminuées d'un quart.

Les capacités globales des raffineries européennes avoisinent aujourd'hui 15 millions de barils par jour (bpj) mais, au vu de la baisse de la demande et de l'intensification de la concurrence, les analystes estiment nécessaire de mettre "sous cocon" 1,5 à deux millions de bpj d'ici 2018 pour ramener le marché à l'équilibre.

Le nouvel administrateur délégué d'Eni Claudio Descalzi a donc fait des heureux la semaine dernière en dévoilant un projet visant à réduire d'environ 400.000 bpj les capacités de raffinage du groupe dans le cadre d'un vaste plan d'assainissement des comptes et de recentrage sur l'exploration-production. La réduction de la voilure dans le raffinage était prévisible mais son ampleur a surpris les observateurs.

"La vitesse de réaction adoptée pour rajeunir la structure organisationnelle et fermer les raffineries peu performantes est celle d'une Ferrari", résume Oswald Clint, analyste spécialisé de Bernstein.

La division raffinage-distribution d'Eni, qui représente 10% des capitaux employés selon les analystes, est dans le rouge depuis trois ans et ses pertes d'exploitation ont atteint 1,5 milliard d'euros l'an dernier, après 1,3 milliard en 2012.

La marge de raffinage d'Eni affiche sur l'ensemble du premier semestre un recul de plus de 45% sur un an, à 1,73 dollar par baril. A ce niveau, l'activité est déficitaire une fois pris en comptes les coûts d'exploitation.

L'agence de notation Fitch a prévenu le mois dernier qu'en l'absence de redressement de la branche d'ici 12 à 18 mois, Eni pourrait voir sa note A+ dégradée.

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Eni veut  réduire de plus de moitié ses capacités de raffinage, une décision qui pourrait soulager l'ensemble du secteur en Europe, plombé par des surcapacités qui pèsent sur ses marges et qui se retrouveraient ainsi diminuées d'un quart. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi