Les compagnies aériennes plombées en Bourse par la menace russe

vendredi 8 août 2014 11h59
 

PARIS (Reuters) - La menace de la Russie d'interdire le survol de la Sibérie pèse en Bourse sur les titres des compagnies aériennes européennes, notamment sur Air France-KLM qui ferait partie des plus grands perdants.

Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev brandit la menace d'une fermeture de l'espace aérien sibérien aux compagnies européennes et américaines après que les sanctions décidées par l'Union européenne ont abouti à la suspension des vols d'une filiale d'Aeroflot.

A 11h45, l'indice sectoriel des compagnies aériennes européennes cède 1,1% et l'indice plus large des voyages et des loisirs abandonne 1,5%, plus forte baisse sectorielle en Europe.

Air France-KLM perd 3,5%, Lufthansa 2,6% et Finnair 3%.

Selon des données de Flightradar24, qui a analysé le trafic sur une période récente de sept jours, plus de 1.600 vols commerciaux ont traversé l'espace aérien sibérien -utilisé par exemple pour les liaisons entre l'Europe et la Corée, la Chine ou le Japon, dont 162 pour Lufthansa, 133 pour Air France, 116 pour KLM et 115 pour Finnair.

Si Moscou mettait sa menace à exécution, les transporteurs aériens européens seraient désavantagés par rapport aux compagnies asiatiques.

Des analystes soulignent cependant que le secteur aérien russe ne sortirait pas non plus indemne d'une telle interdiction du fait de la perte des commissions versées par les compagnies étrangères pour traverser l'espace russe et du risque de mesures de rétorsion américaines et européennes.

"C'est une voie très risquée", résume Nadejda Popova, analyste transports au cabinet de recherche Euromonitor.

(Raoul Sachs, avec Victoria Bryan à Berlin, Maria Kiselyova et Gleb Stoylarov à Moscou, édité par Dominique Rodriguez)

 
La menace de la Russie d'interdire le survol de la Sibérie pèse en Bourse sur les titres des compagnies aériennes européennes, notamment sur Air France-KLM qui ferait partie des plus grands perdants. /Photo d'archives/REUTERS/Stefan Wermuth