La BCE souligne le risque ukrainien mais ne bouge pas

jeudi 7 août 2014 17h00
 

par Eva Taylor et John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La crise ukrainienne fait peser de nouveaux risques sur la reprise dans la zone euro, déjà faible et inégale, et les sanctions économiques réciproques risquent d'aggraver la situation, a déclaré jeudi la Banque centrale européenne (BCE) tout en maintenant ses taux d'intérêt à leur plus bas niveau historique.

Le président de l'institution, Mario Draghi, a énuméré lors de sa conférence de presse mensuelle les différents risques géopolitiques, de l'instabilité au Moyen-Orient aux tensions entre la Russie et l'Occident, autant de facteurs susceptibles de plomber la croissance dans la zone euro.

Moscou avait annoncé quelques heures auparavant l'arrêt des importations de produits agroalimentaires européens et américains, en représailles aux sanctions décidées ces dernières semaines par Washington et Bruxelles.

Mario Draghi a assuré que la BCE était prête à s'engager dans une politique d'assouplissement quantitatif - des achats d'actifs sur les marchés pour injecter des liquidités dans les marchés - si les perspectives d'inflation se dégradaient encore.

Il a toutefois relativisé la baisse du taux d'inflation en zone euro à 0,4% sur un an en juillet, son plus bas niveau depuis quatre ans, en soulignant qu'elle traduisait un recul temporaire des prix de l'énergie et des produits alimentaires.

"Les risques géopolitiques ont augmenté, ils sont plus élevés qu'il y a quelques mois. Et certains d'entre eux, comme la situation en Ukraine et en Russie, auront un impact plus important sur la zone euro (...) que dans d'autres régions du monde", a-t-il dit.

Après avoir abaissé ses taux en juin, la BCE ne les a, comme attendu, pas modifiés jeudi, les responsables de l'institution souhaitant, avant d'éventuelles nouvelles initiatives, mesurer l'impact des nouvelles mesures non conventionnelles, comme les TLTRO, des prêts à quatre ans aux banques à taux quasi-nuls qu'elle commencera à accorder en septembre.

  Suite...

 
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne. Après avoir abaissé ses taux en juin, la BCE ne les a, comme attendu, pas modifiés jeudi. /Photo prise le 7 août 2014/ REUTERS/Ralph Orlowski