L'Italie replonge dans la récession

mercredi 6 août 2014 12h54
 

par Steve Scherer

ROME (Reuters) - L'Italie est entrée en récession au deuxième trimestre pour la troisième fois depuis 2008, une répétition qui souligne la faiblesse persistante de la troisième économie de la zone euro et accroît la pression sur le président du Conseil, Matteo Renzi, dont toutes les promesses de réformes sont loin d'avoir été tenues.

Le produit intérieur brut (PIB) italien a reculé de 0,2% sur la période avril-juin par rapport aux trois premiers mois de l'année, montre la première estimation officielle publiée mercredi par l'institut national Istat, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une croissance de 0,2%.

L'économie italienne s'était déjà contractée de 0,1% sur janvier-mars. Une récession se définit par deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

La Bourse de Milan perdait plus de 3% à la mi-journée après les chiffres de l'Istat tandis que l'écart de rendement ("spread") entre les obligations d'Etat italiennes et allemandes se creusait.

Dans un entretien publié par le quotidien Il Sole 24 Ore avant les chiffres officiels, le ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, a déclaré qu'en dépit des signes préfigurant une croissance 2014 plus faible que prévu, l'Italie n'avait pas besoin d'un collectif budgétaire.

Il a réaffirmé que le déficit public italien respecterait cette année le plafond de 3% fixé par l'Union européenne.

"La limite de 3% ne sera franchie ni en 2014 ni en 2015. Il n'y aura pas besoin d'un collectif budgétaire", a-t-il dit, expliquant que cette affirmation s'appuyait sur "des informations dont je dispose à l'heure actuelle et les prévisions que nous avons actualisées avec de nouvelles informations de l'Istat".

Le gouvernement prévoit officiellement pour cette année une croissance de 0,8% et un déficit de 2,6% du PIB mais Pier Carlo Padoan et Matteo Renzi ont déjà reconnu que la situation était plus défavorable que prévu initialement. Ces propos ont nourri les spéculations sur la possibilité de nouvelles mesures afin de respecter le plafond de déficit.   Suite...

 
LA CROISSANCE ITALIENNE