Moody's sceptique sur les objectifs de déficit de Paris

lundi 4 août 2014 21h22
 

(Reuters) - La France risque de ne pas atteindre ses objectifs en matière de réduction de son déficit budgétaire en 2014 et 2015, estime lundi l'agence de notation Moody's dans un communiqué.

L'agence note que la France a donné une nouvelle orientation à sa politique budgétaire et la qualifie de positive mais juge que l'application de nombreuses mesures reste floue et note que l'économie française est pénalisée par une faible croissance.

"En conséquence, même si le déficit est appelé à conserver une trajectoire baissière, le pays n'apparaît pas en mesure d'atteindre ses objectifs budgétaires en 2014 et 2015", écrit Moody's.

Le gouvernement espère ramener le déficit public à 3,8% de PIB fin 2014, après 4,3% fin 2013, avant d'atteindre la limite européenne de 3% fin 2015.

Avant Moody's, le Fonds monétaire international avait estimé lui aussi, début juillet, que la France allait manquer ses objectifs de réduction du déficit public en raison d'une croissance économique plus faible que prévu par l'exécutif.

La Cour des comptes avait également jugé, dès le mois de juin, peu réalistes les objectifs définis par le gouvernement. Selon elle, le déficit risque d'atteindre 4,0% fin 2014, voire davantage si la croissance est inférieure à 1%.

Paris intègre désormais dans sa stratégie budgétaire les problématiques de la compétitivité mais la mise en oeuvre de sa politique n'est pas sans risques, analyse Moody's dans le communiqué publié lundi.

"La mise en œuvre du programme du gouvernement s'annonce d'autant plus ardue dans un contexte de croissance atone", estime Moody's.

Le gouvernement prévoit une croissance économique de 1% cette année et de 1,7% l'an prochain mais le FMI estime qu'elle n'atteindra que 0,7% cette année et 1,4% en 2015. L'Insee prévoit également une croissance du PIB de 0,7% cette année.   Suite...

 
L'agence de notation Moody's estime que la France risque de ne pas atteindre ses objectifs en matière de réduction de son déficit budgétaire en 2014 et 2015. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid