Wall Street s'interroge sur l'imminence d'une correction

dimanche 3 août 2014 19h11
 

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a enregistré la semaine dernière sa performance hebdomadaire la plus médiocre en deux ans, conduisant des investisseurs à penser que la correction tant annoncée était là, mais cette analyse ne fait pas l'unanimité.

Avec une baisse de 2,7%, le S&P 500 a accusé sa plus forte baisse en l'espace d'une semaine depuis juin 2012, et ce recul s'est inscrit dans un marché baissier depuis quelques temps déjà.

Toutes les conditions semblent réunies que se corrige un marché installé dans un rally qui dure depuis près de trois années sans jamais avoir accusé la moindre baisse de plus de 10%.

La crainte est également justifiée par l'approche inéluctable du relèvement des taux de la Réserve fédérale, même s'il est loin d'être imminent, tandis que certains indicateurs montrent que la croissance du logement et des ventes automobiles s'essoufflent.

"L'été est difficile parce qu'il n'y avait pas grand chose à acheter", souligne Kathleen Gaffney, gestionnaire de portefeuille chez Eaton Vance Bond Fund. "Mais je pense que nous observons un marché qui s'ajuste à un environnement propice à une hausse des taux d'intérêt, et cela produit de la volatilité."

Si les investisseurs s'attendent à ce que la Réserve fédérale amorce le relèvement de ses taux dès l'année prochaine après des années de souplesse monétaire, dont les marchés ont amplement profité, l'absence de pression haussière sur les salaires contient largement la hausse des rendements des Treasuries.

Si l'écart des rendements des emprunts américains de référence s'est quelque peu resserré ces derniers temps, ce qui a tendance à se produire lorsque l'économie ralentit, il est encore supérieur à deux points de pourcentage, un signe plutôt favorable pour la croissance.

Mercredi, la Fed a brossé un tableau plus favorable qu'auparavant, tout en martelant qu'elle ne voyait pas l'utilité de brusquer la hausse de ses taux. Elle a par ailleurs encore réduit le montant de ses rachats d'actifs mensuels pour les ramener à 25 milliards de dollars contre 35 milliards.

Et si les derniers chiffres de l'emploi américain ont montré un ralentissement sur le front de la création de postes et une hausse inattendue du chômage, beaucoup d'autres indicateurs économiques permettent de rester optimistes, à commencer par celui du produit intérieur brut américain qui a progressé beaucoup plus qu'attendu au deuxième trimestre.   Suite...

 
Wall Street a enregistré la semaine dernière sa performance hebdomadaire la plus médiocre en deux ans, conduisant des investisseurs à penser que la correction tant annoncée était là, mais cette analyse ne fait pas l'unanimité. /Photo prise le 16 juillet 2014/REUTERS/Brendan McDermid