Kering étoffe son portefeuille horloger avec Ulysse Nardin

mercredi 30 juillet 2014 21h52
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Kering, qui a sauvé sa croissance organique grâce à Bottega Veneta et Saint Laurent au premier semestre, a annoncé mercredi l'acquisition d'Ulysse Nardin, prestigieuse manufacture suisse qui va lui permettre d'étoffer un portefeuille horloger encore modeste.

Ulysse Nardin, dont la création remonte à 1846, compte parmi les dernières manufactures indépendantes du pays. Connue pour ses chronomètres inspirés de la marine vendus autour de 7.000 francs suisses, la société produit environ 30.000 montres par pour un chiffre d'affaires estimé à environ 250 millions de francs suisses (205 millions d'euros).

Kering, qui n'était pas parvenu à racheter Richard Mille, ne faisait pas mystère de son souhait d'étoffer un pôle horloger comptant les marques Girard-Perregaux et Jean Richard, face aux vastes portefeuilles constitués par Swatch, Richemont et LVMH.

Cette acquisition de choix - la manufacture fabrique ses propres mouvements et composants et dispose d'un puissant réseau de distribution - va apporter à Kering d'importantes capacités de production. Elle s'est faite sur la base d'un multiple de 13 fois l'excédent brut d'exploitation de la marque, a précisé le groupe, sans donner davantage de détails.

"Elle remplit tous les critères, en termes de potentiel de croissance et de synergies", a dit le directeur financier de Kering, Jean-Marc Duplaix, lors d'une conférence téléphonique.

Au premier semestre, Kering est parvenu à stabiliser sa croissance organique grâce à ses pépites Bottega Veneta et Saint Laurent, tandis que Gucci, sa marque phare est passée dans le rouge et que des effets de change négatifs ont pesé sur ses résultats.

PANNE DE CROISSANCE POUR GUCCI   Suite...

 
Francois-Henri Pinault, PDG de Kering. Contre toute attente, Gucci, marque phare du groupe de luxe qui pèse pour environ 65% de sa rentabilité, est passée dans le rouge au deuxième trimestre, accusant une baisse de ses ventes de 2,4%. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier