Schweitzer craint l'appétit de l'Etat pour le grand emprunt

mercredi 23 juillet 2014 17h13
 

par Julien Ponthus et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le gouvernement doit résister à la tentation de siphonner une partie des 47 milliards d'euros du Programme des investissements d'avenir (PIA) pour faire face à ses besoins budgétaires, estime le Commissaire général à l'investissement.

"Ce risque existe en permanence : quand il n'y a pas d'argent quelque part et de l'argent ailleurs, la tentation est toujours forte", dit Louis Schweitzer dans un entretien à Reuters.

"Cela s'est produit au profit notamment du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour des activités militaires", précise l'ancien patron de Renault.

L'ex-président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l'égalité évoque un montant de 250 millions d'euros et quelques précédents, notamment au profit d'Airbus.

"Ce n'est pas un fait nouveau, il y en a eu dans le passé et c'est toujours quelque chose qui peut se produire."

"Bien sûr que cela m'ennuie (...) parce que je pense que l'argent du PIA est utile. Bien sûr que l'on n'a pas envie de voir diminuer de fait la capacité d'action du PIA", admet Louis Schweitzer, qui remplace depuis avril 2014 Louis Gallois, parti à la présidence de Peugeot.

Prié de dire s'il craint que ce type de ponction de l'Etat sur les fonds du grand emprunt se reproduise, il répond diplomatiquement : "Si quelqu'un n'est inquiet de rien, je pense que tous les malheurs lui arriveront."

Il rappelle cependant que François Hollande et le Premier ministre, Manuel Valls, ont garanti lors du conseil des ministres du 9 juillet que le PIA serait "pleinement exécuté".   Suite...

 
Le Commissaire général à l'investissement Louis Schweitzer estime que le gouvernement doit résister à la tentation de siphonner une partie des 47 milliards d'euros du Programme des investissements  d'avenir (PIA) pour faire face à ses besoins budgétaires. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes