Semaine clé en vue à Wall Street, entre volatilité et résultats

dimanche 20 juillet 2014 15h56
 

par Rodrigo Campos et Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Les incertitudes géopolitiques et leur corollaire, la volatilité, sont de retour à Wall Street mais ce sont bien les résultats de sociétés du deuxième trimestre qui devraient dicter la tendance dans les prochains jours, estiment des analystes qui jugent limités les risques de correction de la Bourse américaine.

Le drame de l'avion de la Malaysia Airlines abattu en Ukraine et l'offensive terrestre d'Israël dans la bande de Gaza ont fait chuter jeudi l'indice Standard & Poor's de 1,18%, sa plus forte baisse en trois mois, et l'indice VIX mesurant la volatilité - et surnommé le "baromètre de la peur" à Wall Street - a grimpé de 32%, une hausse sans précédent depuis son bond de 40% en avril 2013 après l'attentat qui avait endeuillé le marathon de Boston.

Le marché a baissé dans des volumes supérieurs de 20% à la normale depuis le début du mois mais il a rebondi dès vendredi, le S&P-500 regagnant 1,03% tandis que le VIX retombait de 16%.

"C'est une chose d'avoir une prime de risque géopolitique - c'est comme ça qu'on perd 1% - mais c'est une autre de parler de correction durable à cause d'un différend avec la Russie", juge George Pearkes, analyste chez Bespoke Investment Group à Harrison (New York). "Pour en arriver là, il faudrait une guerre commerciale ou quelque chose du genre, et cela nous paraît peu probable."

Pour autant, les investisseurs ne doivent pas non plus attendre un fort rebond. Bespoke Investment Group a recherché les 22 précédents cas quand le VIX avait bondi de plus de 30% en une séance et calculé qu'en moyenne le S&P avait progressé de 0,77% sur la semaine qui a suivi.

Cette progression a été réalisée en général le jour suivant, quand le S&P a pris 0,73% en moyenne, et la hausse sur la semaine tend à être plus modérée encore, de 0,51% en moyenne, quand le VIX se situe - comme maintenant - à un niveau inférieur à 20.

A cette aune, le rebond de vendredi paraît significatif et inquiète même certains professionnels comme Michael O’Rourke, stratégiste chez JonesTrading à Greenwich, dans le Connecticut.

"Mon explication à moi serait qu'on a créé une bulle", dit-il en pointant du doigt la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale. "Rien ne montre que la Fed va changer quoi que ce soit et c'est pourquoi on a toujours des acheteurs qui reviennent dès que les cours baissent."   Suite...

 
Les incertitudes géopolitiques et leur corollaire, la volatilité, sont de retour à Wall Street mais ce sont bien les résultats de sociétés du deuxième trimestre qui devraient dicter la tendance dans les prochains jours. /Photo prise le 18 juillet 2014/REUTERS/Brendan McDermid