La dette française est à la mode au Japon

lundi 14 juillet 2014 13h58
 

par Hideyuki Sano

TOKYO (Reuters) - Les investisseurs japonais ont été ces derniers mois les premiers acheteurs des obligations émises par l'Etat français, un engouement qui illustre le sentiment que l'Europe est promise à une phase de déflation et de faible croissance comparable à celle qu'a connue le Japon ces dernières décennies.

Depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé en mai qu'elle prendrait des mesures radicales d'assouplissement de sa politique monétaire, les banques et d'autres grands investisseurs nippons se sont rués sur le marché obligataire français, convaincus par leur propre expérience que la dette d'un pays dont la banque centrale combat la déflation est un pari gagnant, expliquent analystes et gérants.

"D'une certaine manière, ils s'attendent à une 'japonisation' : une déflation accompagnée d'une longue période de taux d'intérêt nuls", résume Hiroki Shimazu, économiste senior de SMBC Nikko Securities.

Au total, les investisseurs japonais ont consacré 1.900 milliards de yens, soit 14 milliards d'euros, à des achats d'obligations françaises en mai, l'équivalent de plus de 60% des nouvelles émissions du Trésor français sur cette période, montrent les statistiques du ministère japonais des Finances.

Les chiffres de juin ne sont pas encore disponibles mais plusieurs intervenants estiment que les achats japonais de titres français ont encore augmenté le mois dernier, dans un contexte plus généralement favorable à la dette de la zone euro. Selon l'un d'eux, les investisseurs japonais ont acheté l'équivalent de trois quarts des nouvelles émissions françaises en juin.

Les obligations françaises représentent en quelque sorte le compromis idéal pour un investisseur japonais désireux de prendre position sur le marché de la zone euro : elles offrent un rendement supérieur à celui des titres allemands et un risque moindre que les italiens, les notes souveraines de Rome étant moins bonnes que celles de Paris.

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Les investisseurs japonais ont été ces derniers mois les premiers acheteurs des obligations émises par l'Etat français, un engouement qui illustre le sentiment que l'Europe est promise à une phase de déflation et de faible croissance comparable à celle qu'a connue le Japon ces dernières décennies. /Photo prise le 6 janvier 2014/REUTERS/Yuya Shino