De mauvais gré, les banques se plieront aux règles américaines

dimanche 13 juillet 2014 18h16
 

par Steve Slater et Michelle Price

LONDRES/HONG KONG (Reuters) - Il a beau reprocher aux Etats-Unis de se comporter comme une puissance impériale en punissant des banques étrangères pour des opérations effectuées loin des frontières américaines, le secteur financier finira sans doute par se plier aux conditions posées par Washington plutôt que de défier son pouvoir.

Après l'amende de près de neuf milliards de dollars dont a écopé BNP Paribas pour avoir financé des transactions avec le Soudan, l'Iran et Cuba, les responsables politiques et économiques français ont appelé à accroître le rôle de l'euro dans le système financier international, afin de contrer celui du dollar. Mais pour nombre de banquiers, ces déclarations tiennent avant tout du voeu pieux.

Dans les faits, les principales banques d'Europe et d'Asie ont déjà commencé à s'adapter aux décisions prises aux Etats-Unis, en prenant leurs distances avec les pays mal vus à Washington pour éviter d'être à leur tour sanctionnées, voire, pire, d'être exclues des circuits financiers en dollars.

Parallèlement, les autorités financières hors des Etats-Unis commencent à rechercher des solutions pour prévenir tout dommage que des sanctions américaines pourraient infliger à leurs banques et à leurs marchés.

Mais pour l'instant, pour tous les établissements financiers, la seule issue consiste à se plier à la ligne fixée à Washington.

"L'obligation faite aux banques de connaître les clients de leurs clients, même dans les pays où l'archivage de ces informations n'est pas organisé, signifie que les banques n'ont guère d'autre choix que de mettre fin à certaines relations, pour ne pas risquer des amendes douloureuses et qui menaceraient leur bilan", explique Anthony Browne, directeur général de la British Bankers'Association (BBA), la fédération bancaire britannique.

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Après l'amende américaine de près de neuf milliards de dollars infligée à BNP Paribas, les banques vont sans doute se plier aux conditions posées par Washington plutôt que de défier son pouvoir en cherchant par exemple à accroître le rôle de l'euro dans le système financier international. /Photo prise le 1er juillet 2014/REUTERS/Pierre Albouy