L'Etat et Bouygues agissent de concert sur Alstom, dit l'AMF

jeudi 3 juillet 2014 21h35
 

PARIS (Reuters) - L'Autorité des marchés financiers a jugé jeudi que l'accord conclu entre le gouvernement et Bouygues dans le cadre du projet de rapprochement entre Alstom et General Electric constituait une action de concert, ce qui pourrait renchérir le coût de l'entrée de l'Etat dans le capital du spécialiste des équipements pour le transport ferroviaire et l'énergie.

Le projet, validé en juin, prévoit que le groupe français cédera à GE sa branche énergie pour 12,35 milliards d'euros et devra ensuite investir 2,5 milliards dans trois coentreprises détenues à parité avec l'entreprise américaine.

Dans ce cadre, l'Etat a conclu un accord avec Bouygues, premier actionnaire du groupe avec 29,3% du capital, qui lui prêtera des titres et lui accordera une option d'achat portant sur 20% du capital d'Alstom pendant 20 mois à compter de la finalisation de l'opération, prévue mi-2015.

L'AMF souligne notamment que l'engagement de Bouygues à ce que l'Etat soit représenté au conseil d'administration, le prêt de titres et l'engagement de Bouygues de s'opposer à toute remise en cause des droits de vote double en assemblée générale matérialisent le fait qu'ils ont un projet commun pour le groupe.

"Par conséquent, l’Autorité des marchés financiers considère que l’Etat et Bouygues agissent de concert vis-à-vis de la société Alstom", écrit l'AMF dans une décision.

Le fait que Bouygues et l'Etat soient associés au sein d'un concert implique que si la totalité des titres détenus par les deux partenaires dépassait le seuil de 30% du capital d'Alstom, ils seraient dans l'obligation de lancer une OPA sur le groupe.

David Azéma, a rappelé toutefois que l'Etat et Bouygues s'étaient engagés dans le cadre de leur accord à ne pas franchir ce seuil fatidique de déclenchement de l'offre.

"L'accord demeure, l'accord n'est pas menacé", a-t-il souligné sur BFM radio. "L'accord avec Bouygues nous donne la certitude de pouvoir in fine arriver au capital d'Alstom au niveau souhaité aujourd'hui."

Surtout, cette décision prive en grande partie l'Etat d'acheter sur le marché des titres Alstom à un prix inférieur à celui de 35 euros auquel il s'est engagé vis-à-vis de Bouygues dans le cadre de son option.   Suite...

 
L'Autorité des marchés financiers a jugé jeudi que l'accord conclu entre le gouvernement et Bouygues dans le cadre du projet de rapprochement entre Alstom et General Electric constituait une action de concert, ce qui pourrait renchérir le coût de l'entrée de l'Etat dans le capital du spécialiste des équipements pour le transport ferroviaire et l'énergie. /Photo prise le 27 avril 2014/REUTERS/Stéphane Mahé