Rebond du marché français des fusions-acquisitions

mardi 1 juillet 2014 11h43
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Après des années de disette, le marché français des fusions-acquisitions (M&A) est depuis le début de l'année sorti de sa léthargie et renoue avec ses niveaux d'avant la crise financière, à la faveur notamment d'un environnement de marché plus favorable et de coûts de financement attractifs.

Si la bagarre que se sont livrés Numericable et Bouygues pour racheter SFR avait déjà ranimé le marché en début d'année, le rapprochement entre Lafarge et Holcim et la saga pour le rachat de la branche énergie d'Alstom signent le retour des grandes manoeuvres dans l'industrie, malgré l'échec de la fusion entre Publicis et l'américain Omnicom.

Le premier semestre a aussi marqué le retour en France des entreprises étrangères qui avaient déserté le Vieux Continent en raison des inquiétudes sur l'avenir de la zone euro.

Selon les données Thomson Reuters, sur les six premiers mois de l'année, le marché français du M&A a atteint 147,2 milliards de dollars (107,7 milliards d'euros), soit un montant quatre fois plus élevé qu'au premier semestre 2013.

Sur le seul deuxième trimestre, les transactions ont grimpé à 95,2 milliards de dollars (69,7 milliards d'euros) contre 20,1 milliards un an plus tôt. C'est le trimestre le plus dynamique depuis début 2006, c'est-à-dire avant la crise financière.

"Après s'être particulièrement contracté pendant la crise, le marché français repart avec le retour des opérations industrielles", constate Thierry d'Argent, responsable mondial du corporate finance à la Société générale. "Il y a un phénomène de rattrapage."

"EFFET DE RETARD"   Suite...

 
Usine de turbines à gaz de General Electric à Belfort. La saga pour le rachat de la branche énergie d'Alstom par le géant américain signe le retour des grandes manoeuvres dans l'industrie après des années de disette, permettant notamment au marché français des fusions-acquisitions de renouer avec ses niveaux d'avant la crise financière. /Photo prise le 24 juin 2014/REUTERS/Vincent Kessler