30 juin 2014 / 10:20 / il y a 3 ans

Le Medef maintient sa menace de boycotter la conférence sociale

Le président du Medef maintient sa menace de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet s'il n'obtient pas un moratoire d'un an pour un dispositif anti-pénibilité et une "trajectoire" claire de baisses de charges pour les entreprises. /Photo prise le 12 juin 2014/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Le président du Medef maintient sa menace de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet s'il n'obtient pas un moratoire d'un an pour un dispositif anti-pénibilité et une "trajectoire" claire de baisses de charges pour les entreprises.

Pierre Gattaz a revendiqué sur Europe 1 l'initiative d'un appel adressé ce week-end par huit organisations patronales à François Hollande pour qu'il accélère l'entrée en vigueur de mesures en faveur des entreprises.

"Nous avons peur des députés, nous avons peur de l'Assemblée nationale, qui, je crois, n'a toujours pas compris que seule l'entreprise crée de l'emploi et de la richesse", a-t-il dit juste avant le début de l'examen par les députés du projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative 2014.

Ce texte et le projet de loi de finances rectificative que les députés doivent voter mardi donnent un cadre législatif au pacte de responsabilité, qui accorde 41 milliards d'euros de baisses de charges et d'impôts aux entreprises en trois ans.

Un dispositif contesté par des députés socialistes "frondeurs", qui ont défendu en vain des amendements pour tenter de l'infléchir et à qui il ne reste plus que la menace de l'abstention ou du vote contre pour se compter.

La participation du Medef à la conférence sociale dépend en partie de l'issue du scrutin, a déclaré Pierre Gattaz.

"Il nous faut cette semaine la double trajectoire à trois ans de baisse du coût du travail et de la fiscalité", a-t-il expliqué. "Deuxièmement il faut impérativement qu'on règle le problème de la pénibilité (...) Nous avons toujours dit que ce n'était pas possible d'instaurer ce dispositif extrêmement compliqué au 1er janvier 2015."

Le Medef demande un report d'un an de la mise en oeuvre du compte personnel de prévention de la pénibilité prévu par la dernière réforme des retraites. La CGPME, autre signataire de l'appel de ce week-end, qui menace également de boycotter la conférence, réclame son abandon pur et simple.

ECKERT JUGE LE PACTE "EN ROUTE"

Pierre Gattaz demande enfin un moratoire d'un an sur tous les textes susceptibles de se traduire par des contraintes ou des prélèvements supplémentaires pour les entreprises.

"Nous disons halte, ça suffit, il faut arrêter ce harcèlement législatif", a-t-il déclaré.

Prié de confirmer s'il était prêt à ne pas aller à la conférence des 7 et 8 juillet, il a répondu : "Oui, si nous n'avons pas clairement cette semaine les réponses à nos questions (...) Ça peut être une éventualité de boycott. Je pourrais ne pas y aller."

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a dénoncé dimanche l'attitude du patronat, dont il a jugé les demandes déjà traitées par le gouvernement.

Un argument repris lundi matin par le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, sur BFM Business.

"Le pacte de responsabilité est en route puisqu'aujourd'hui c'est 350.000 entreprises qui ont perçu sept milliards (d'euros) de Cice (crédit d'impôt compétitivité-emploi)", a-t-il dit. "Les deux tiers des dossiers sont déjà traités."

"C'est quelque chose d'inédit", a-t-il poursuivi. "Il y a la nouvelle phase, la phase d'accélération, c'est-à-dire la mise en route du pacte de responsabilité. C'est en cours à l'Assemblée."

Il a rappelé que les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale rectificatives prévoient notamment 4,5 milliards d'euros d'allègement de charges pour les entreprises, à partir du 1er janvier 2015 et un milliard d'allègement de la C3S - une contribution sur le chiffre d'affaires - ainsi qu'un milliard pour les professions indépendantes.

"Tout ça se cumule", a souligné le secrétaire d'Etat au Budget, qui a assuré que le gouvernement n'entendait aucunement revenir sur ces décisions sous la pression des frondeurs.

"Il n'y aura pas de modification substantielle, ni du quantum ni du calendrier de ces mesures", a-t-il dit.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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