Carrefour-Dia France, le prix fort pour un rachat stratégique

lundi 23 juin 2014 14h22
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour a décidé de payer le prix fort pour reprendre les actifs français de l'espagnol Dia, une opération stratégique qui devrait sensiblement renforcer ses positions en région parisienne et dans le Sud-Est et lui faire gagner des parts de marché.

Le numéro un français de la distribution a annoncé le 20 juin au soir avoir signé un accord pour reprendre le réseau de plus de 800 magasins Dia en France pour une valeur d'entreprise de 600 millions d'euros.

Carrefour a ainsi coiffé au poteau son concurrent Casino, qui se proposait de reprendre ce réseau pour 450 millions d'euros.

Dia France, filiale du numéro trois mondial du hard discount derrière les allemands Aldi et Lidl, a réalisé un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros en 2013 et accusé une perte de 17,9 millions, dans un secteur du hard discount qui souffre en France de la très rude concurrence que se livrent les hypermarchés sur les prix.

"A 0,35 fois le chiffre d'affaires estimé pour 2014, le prix semble élevé pour un actif déficitaire et cette acquisition pourrait limiter la visibilité à court terme sur les marges de Carrefour en France", soulignent les analystes de la Société générale.

Ceux de Citi relèvent que le multiple d'acquisition ressort à 10 fois la valeur d'entreprise sur l'Ebitda (excédent brut d'exploitation), contre une moyenne de 7,5 fois pour le secteur.

Mais cette opération devrait permettre à Carrefour de nettement renforcer ses positions dans les petites et moyennes surfaces, plus rentables, et d'alléger ainsi le poids relatif de ses hypermarchés dans son chiffre d'affaires.

Le distributeur devrait ainsi gagner entre un et deux points de part de marché (20,3% à la fin 2013) et distancer ainsi son grand concurrent Leclerc, qui le talonne aujourd'hui à 19,6%.   Suite...

 
Carrefour a décidé de payer le prix fort (600 millions d'euros) pour reprendre les actifs français de l'espagnol Dia, une opération stratégique qui devrait sensiblement renforcer ses positions en région parisienne et dans le Sud-Est et lui faire gagner des parts de marché. /Photo d'archives/REUTERS