June 22, 2014 / 6:23 PM / 3 years ago

Accord entre l'Etat et Bouygues sur les 20% d'Alstom

4 MINUTES DE LECTURE

Un accord a été conclu dimanche par l'Etat avec Bouygues qui lui accorde une option d'achat sur 20% du capital d'Alstom, dans le cadre de la reprise d'une partie de la branche énergie d'Alstom par General Electric, a annoncé Arnaud Montebourg. /Photo d'archives/Stéphane Mahé

PARIS (Reuters) - L'Etat français a conclu dimanche un accord avec Bouygues qui lui accorde une option d'achat sur 20% du capital d'Alstom, dans le cadre de la reprise de l'essentiel de la branche énergie du groupe français par General Electric.

"Nous avons un accord qui a été conclu cet après-midi et qui permet à l'Etat de devenir le principal actionnaire d'Alstom, à hauteur de 20% comme prévu", s'est félicité le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg sur France 2.

A compter de la finalisation du rapprochement Alstom/GE, prévue début 2015, l'Etat pourrait ainsi pendant 20 mois racheter 20% du capital d'Alstom soit auprès de Bouygues, soit directement sur le marché.

L'Etat ne pourra exercer son option auprès de Bouygues que si le cours de Bourse est à ce moment là "supérieur ou égal" à 35 euros, moins une décote qui, a précisé Bouygues, sera comprise entre 2% et 5%.

Cette solution ressemble à un compromis entre Bouygues qui refusait de céder ses actions au prix actuel du marché de 28 euros et l'Etat, qui pourra obtenir les titres avec une petite décote par rapport au cours auquel ils se traiteront au moment du rachat.

Bouygues tenait à ce prix de 35 euros, qui est proche de la valorisation des actions Alstom dans ses comptes 2013, après la dépréciation de 1,404 milliard d'euros passée par le groupe sur sa participation actuelle de 29% dans le spécialiste des équipements pour le transport ferroviaire et l'énergie.

"Nous avons une option d'achat que Bouygues nous a consentie, qui nous permet d'acheter lorsque le prix sera le plus bas possible car nous ne souhaitons pas dépenser inconsidérément le patrimoine des Français", a souligné le ministre de l'Economie.

Si l'Etat n'a pas pu acheter la totalité des 20% pendant cette période de 20 mois, par exemple parce qu'il juge le cours de Bourse trop élevé, il disposera d'une période supplémentaire de huit jours pour acheter les titres à Bouygues, dans une limite de 15% du capital, mais cette fois quel que soit le prix du marché, toujours avec une décote du même ordre (2 à 5%).

Des représentants De L'état Au Conseil D'alstom

Globalement, l'Etat pourrait par exemple racheter 5% du capital via l'option à un prix supérieur ou égal à 35 euros moins la décote, puis 15%, toujours à Bouygues, mais cette fois au cours de Bourse du moment, moins la même décote.

Le ministre de l'Economie a souligné que le gouvernement achèterait ainsi les actions au moment le plus opportun pour les finances publiques mais qu'il disposerait immédiatement des droits équivalents auprès du conseil d'administration d'Alstom, grâce à un prêt de titres par Bouygues.

"Ce qui est intéressant, c'est que Bouygues nous a prêté ses actions pour que nous entrions immédiatement dans le capital d'Alstom, exercions le pouvoir à hauteur de 20% avec nos amis administrateurs qui remplaceront les siens", a ajouté Arnaud Montebourg.

Bouygues s'est engagé à transférer à l'Etat un de ses deux sièges au conseil d'Alstom et à œuvrer pour l'élargissement du conseil de 14 à 15 membres afin que l'Etat dispose d'un deuxième siège, a-t-on précisé de source proche du gouvernement.

L'Etat avait donné vendredi sa préférence à l'offre de GE, validée depuis par le conseil d'administration d'Alstom, à condition d'en devenir le premier actionnaire en rachetant 20% de la société à Bouygues.

GE a annoncé jeudi qu'il envisageait de former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française".

L'opération rapportera dans un premier temps à Alstom 12,35 milliards d'euros, comme prévu, mais le groupe devra ensuite investir 2,5 milliards dans des coentreprises avec GE qui n'étaient pas programmées dans le projet d'origine, fin avril.

Avec Benjamin Mallet, Gilles Guillaume, Jean-Baptiste Vey et Laurence Frost et Marc Joanny, édité par Jean-Michel Bélot

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