GE propose plus de partenariats mais moins de cash à Alstom

jeudi 19 juin 2014 22h31
 

par Benjamin Mallet et Natalie Huet et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - General Electric (GE) a amendé jeudi son offre de rachat de la branche énergie d'Alstom et propose désormais au groupe la création de plusieurs coentreprises, notamment dans le nucléaire, s'inscrivant ainsi dans une logique d'alliance et d'amélioration de son projet prônée par le gouvernement français.

Face à une offre concurrente du tandem Siemens et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) présentée en début de semaine, le géant américain a cependant dû complexifier sa proposition et revoir à la baisse le montant de 16,9 milliards de dollars (12,4 milliards d'euros) qu'il prévoyait de verser en numéraire au groupe français, conséquence des apports d'actifs et des sociétés communes qu'il envisage désormais.

Selon des représentants syndicaux qui rencontraient le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg en début de soirée, le tandem germano-nippon étudie de son côté la possibilité de relever de 800 millions d'euros la composante numéraire de son offre, qui atteignait jusqu'ici 7 milliards.

Un porte-parole de MHI a déclaré que cette option avait été mise à l'étude mais que rien n'avait été arrêté. Siemens a de son côté estimé que son offre avec le japonais restait supérieure à celle de GE.

GE a fait savoir dans un communiqué qu'il prévoyait dorénavant de former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française".

Cette alliance se traduirait par une société détenue à parité entre les deux groupes et inclurait "des actions préférentielles" accordant à l'Etat français un droit de veto et des droits de gouvernance spécifiques.

GE propose aussi de loger la propriété intellectuelle de la technologie des turbines à vapeur Arabelle - utilisées dans les EPR - dans une structure ad hoc détenue à 100% par l'Etat français, un sujet qui était jugé essentiel par le gouvernement.

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General Electric (GE) a amendé jeudi son offre de rachat de la branche énergie d'Alstom et propose désormais au groupe français une alliance mondiale à parité dans le nucléaire et les turbines à vapeur qui donnera à l'Etat français un droit de veto. /Photo prise le 27 avril 2014/REUTERS/Vincent Kessler