June 18, 2014 / 11:49 AM / 3 years ago

GE présentera jeudi une offre améliorée pour Alstom

6 MINUTES DE LECTURE

General Electric va présenter jeudi au gouvernement français et aux syndicats d'Alstom une offre améliorée pour le rachat des activités énergie du groupe français, selon deux sources proches du dossier. /Photo d'archives/David W Cerny

PARIS (Reuters) - General Electric (GE) va présenter jeudi au gouvernement français et aux syndicats d'Alstom une offre améliorée pour le rachat de la branche énergie du groupe français, ont indiqué mercredi à Reuters deux sources proches du dossier, dont une proche du groupe américain.

Le spécialiste français des équipements pour la production d'électricité et le transport ferroviaire doit se prononcer au plus tard le 23 juin sur l'offre de GE, qui lui propose 16,9 milliards de dollars (12,4 milliards d'euros) et envisage des mesures spécifiques en matière d'emploi et de protection de certains actifs.

L'allemand Siemens et le japonais Mitsubishi Heavy Industries ont cependant présenté lundi une alternative à l'offre de GE, le tandem proposant sept milliards d'euros en numéraire pour une opération qui maintiendrait une forte présence du français dans l'énergie et s'inscrit dans une logique d'alliance prônée par le gouvernement français.

MHI envisage en outre de racheter jusqu'à 10% d'Alstom auprès de Bouygues (29,3% du capital), une opération qui pourrait s'accompagner d'une prise de participation de l'Etat français au moins à la même hauteur.

"GE voit demain le gouvernement et les syndicats d'Alstom. L'offre va être bien sûr améliorée", a dit une source proche du groupe américain.

Selon une autre source au fait du dossier, GE présentera son offre améliorée au ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.

Le gouvernement s'est doté mi-mai d'une nouvelle arme juridique forçant tout acquéreur des actifs du groupe français à obtenir l'autorisation de l'Etat.

Après avoir promis 1.000 créations d'emplois en trois ans, GE devrait préciser et formaliser jeudi ses engagements en la matière et tenter de répondre au souci du gouvernement de préserver certains actifs d'Alstom, qu'il s'agisse des équipements utilisés dans les centrales nucléaires, des éoliennes ou des turbines hydrauliques.

Alors que l'Etat s'inquiète aussi de l'avenir du pôle ferroviaire du fabricant du TGV, GE a déjà fait savoir qu'il envisageait de céder à Alstom le contrôle de son activité de signalisation ferroviaire.

"Les Alliances Peuvent Prendre Des Formes Diverses"

L'opération, selon la presse, pourrait se faire à travers une vente de cette activité et non plus une coentreprise.

L'américain GE s'est refusé mercredi à tout commentaire.

Selon une source au fait du dossier, le gouvernement jugera sur pièce si GE s'inscrit avec son nouveau projet dans une logique d'alliance, par opposition à "des achats purs et simples d'actifs".

"Les alliances peuvent prendre des formes diverses en fonction des projets industriels que les uns et les autres proposent. Ça peut être des alliances capitalistiques, industrielles, ça peut être des coentreprises, des prises de participations..."

De même source, le gouvernement donnera son avis - au moins à Alstom - sur les offres concurrentes de GE et du tandem Siemens-MHI avant la réunion du conseil d'administration du groupe français.

Le comité ad hoc constitué par Alstom pour examiner les offres devrait annoncer sa préférence au conseil d'administration du groupe français vendredi après-midi, a en outre confirmé mercredi une source proche du français.

Les syndicats d'Alstom n'ont pour le moment pas adopté de position commune sur l'offre de Siemens et MHI.

FO, qui demande une entrée de l'État au capital d'Alstom, a cependant estimé mercredi dans un communiqué que "la meilleure offre en fonction de (ses) revendications et qui éviterait le démantèlement semble être celle du duo Siemens/Mitsubishi".

L'Elysée a de son côté affiché sa neutralité mardi en exigeant des candidats qu'ils améliorent leurs offres dans l'espoir d'obtenir davantage sur les trois critères qui lui tiennent à coeur: l'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique.

"Froisser Les Administrateurs"

Plusieurs sources proches d'Alstom soulignent la complexité de l'offre de Siemens et MHI et indiquent qu'elle n'atteint pas le même degré d'engagement que celle de GE.

"Le conseil va statuer sur une offre ferme de GE et sur une proposition non engageante de Siemens et MHI. Le caractère non-engageant de l'offre Siemens-MHI peut énormément froisser les administrateurs", selon l'une d'elles.

Une autre source proche du dossier a estimé probable que le conseil rejette l'offre de Siemens et MHI en raison des risques de mise en oeuvre qu'elle comporte, le tandem prévoyant un rachat par le groupe allemand des turbines à gaz et une entrée du japonais au capital de certaines activités.

"Il s'agit de fait d'un démantèlement, l'offre de GE est bien plus claire", juge cette source, soulignant toutefois que Siemens et MHI ont au moins le mérite de s'inscrire dans la logique du gouvernement français.

En Bourse, l'action Alstom affiche la plus forte hausse de l'indice CAC 40 et gagne 1,83% à 29,495 euros à 16h50.

L'agence de notation Moody's a estimé mercredi qu'un accord avec Siemens-MHI renforcerait le profil financier d'Alstom en réduisant son niveau d'endettement mais laisserait entre les mains du groupe des activités en déclin (les équipements pour centrales à charbon) ou pour lesquelles la concurrence est rude (les réseaux).

Avec Matthieu Protard à Paris, Alexander Huebner à Francfort et Sophie Sassard à Londres, édité par Jean-Michel Bélot

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