18 juin 2014 / 10:54 / dans 3 ans

Citroën présente sa nouvelle auto au pays du vélo

PSA a choisi Amsterdam, capitale du vélo et du design, pour faire rouler sa nouvelle C4 Cactus, ici au salon de l'Automobile à Genève, un modèle qui inaugure le nouveau style de Citroën dans le cadre de la stratégie de différenciation entre les trois marques du groupe décidée par Carlos Tavares. /Photo prise le 5 mars 2014/REUTERS/Arnd Wiegmann

AMSTERDAM (Reuters) - PSA a choisi Amsterdam, capitale du vélo et du design, pour faire rouler sa nouvelle C4 Cactus, un modèle qui inaugure le nouveau style de Citroën dans le cadre de la stratégie de différenciation entre les trois marques du groupe décidée par Carlos Tavares.

Le véhicule au regard futuriste et à la silhouette ludique et arrondie n‘est pas passé inaperçu dans la campagne néerlandaise, surtout la version jaune vif avec ses protections de portières et ses ailes gris foncé. Mais l‘objectif est justement de se démarquer sur un marché devenu plus concurrentiel que jamais.

“Cette voiture représente une alternative à une berline compacte traditionnelle et à un certain nombre d‘autres véhicules”, explique Pierre Monferrini, responsable des produits Citroën. “Et ce n‘est pas une niche, elle a vocation à ratisser large.”

Depuis qu‘il a pris en mars dernier la tête de PSA, Carlos Tavares a entrepris de réduire de près de moitié le nombre de modèles du groupe et de renforcer le positionnement des trois marques sur les segments les plus dynamiques: le premium pour Peugeot et surtout DS, ancienne ligne haut de gamme de Citroën et désormais une marque à part entière, l‘offre plus originale et abordable pour Citroën, afin de profiter aussi de l‘engouement des automobilistes pour des véhicules plus low cost.

“Toute alternative au ‘mainstream’, où l‘offre est pléthorique, est bonne à prendre”, commente un analyste du secteur. “Les constructeurs doivent aller se placer entre les segments définis, comme l‘ont fait Dacia (Renault) ou Skoda (Volkswagen, en s‘engouffrant entre les citadines et les compactes, entre les compactes et les plus grandes, partout où la demande n‘est pas encore satisfaite.”

En réutilisant une plateforme de petite voiture et en fabriquant le véhicule dans son usine de Madrid, PSA parvient à proposer un crossover long de 4,2 mètres à partir de 14.000 euros, soit le prix catalogue d‘une voiture du segment inférieur. Il reste au-dessus des 12.000 euros du Duster de Dacia, mais tombe 5.000 euros en dessous du tarif de la C4 berline classique produite à Mulhouse.

Le châssis utilisé pour C4 Cactus interdisant les plus gros moteurs du groupe, PSA en a profité pour simplifier au passage le poste de conduite en supprimant le compte-tours.

“Beaucoup de monde dans l‘automobile essaie toujours d‘exprimer de l‘agressivité, de la sportivité, nous pensons qu‘une partie de la clientèle juge ça démodé”, souligne Alexandre Malval, directeur du style Citroën.

CLINS D‘OEIL RÉTRO MAIS ECRAN TACTILE

Pour se distinguer des autres constructeurs et de ses cousines Peugeot et DS, Citroën a mis en avant plusieurs trouvailles faisant écho aux heures de gloire de l‘entreprise et de son fondateur, le très créatif André Citroën.

Les poignées de porte sangles et les vitres arrière seulement entrebaillables rappellent la 2CV des années 1950, la boîte à gants creusée dans la planche de bord grâce au transfert de l‘airbag passager dans le toit évoque les vastes rangements de l‘Ami 6 des années 1960, tandis que les sièges larges sont un clin d‘oeil aux banquettes d‘autrefois.

“Avec Cactus, Citroën crée un nouvel univers et s‘adresse à ceux qui n‘ont plus envie d‘entendre les arguments classiques de l‘automobile”, résume Denis Schemoul, analyste chez IHS.

Mais même rétro, le cadran arbore un affichage numérique tandis que la boîte à gants à l‘ancienne cohabite avec un large écran tactile, désormais incontournable dans toute voiture.

Une autre astuce est devenue partie intégrante de la signature visuelle du modèle, le revêtement mou qui protège les portières et les angles du véhicule.

“La réussite de ce développement matière permettait de lancer le véhicule ou non”, se souvient Denis Bouvier, ingénieur d‘application et coordinateur du projet “Airbump” chez le chimiste allemand BASF. “Le concept C4 Cactus partait avec ces protections de portes.”

BASF a modifié 150 fois sa formule pour obtenir un plastique souple qui ne change pas de couleur au soleil, qui ne se griffe pas et qui soit compatible avec un montage industriel à soudure laser.

S‘il semble acquis que l‘airbump habillera d‘ici quelques années une autre Citroën plus petite, la marque a refusé à Amsterdam de détailler le style futur du reste de la gamme. “En aucun cas nous ne ferons les poupées russes, il ne s‘agit pas de faire des clones, de la plus petite à la plus grande”, a souligné Alexandre Malval. “La marque Citroën n‘a pas vocation à ça, elle est bien plus créative.”

Présentée au public français lors des journées Portes ouvertes du week-end dernier, la C4 Cactus sera commercialisée dans l‘ensemble de l‘Europe d‘ici la fin octobre. L‘usine de Madrid qui l‘assemble désormais a fabriqué l‘an dernier près de 55.000 voitures - des petites Peugeot d‘ancienne génération. Le site emploie environ 2.000 personnes et affiche une capacité de production de 200.000 véhicules par an.

Edité par Jean-Michel Bélot

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