17 juin 2014 / 17:29 / il y a 3 ans

L'offensive de Valeant sur Allergan prend un tour hostile

Mike Pearson, directeur général de Valeant Pharmaceuticals. Le groupe canadien a annoncé qu'il lancerait dès cette semaine une offre d'échange visant Allergan afin d'en appeler directement aux actionnaires du laboratoire pharmaceutique américain, qui a jusqu'ici repoussé ses avances. Son directeur général a dit n'avoir aucune raison de relever une troisième fois son offre sur le fabricant du Botox. /Photo prise le 20 mai 2014/Christinne Muschi

(Reuters) - Valeant Pharmaceuticals a annoncé mardi qu'il lancerait dès cette semaine une offre d'échange visant Allergan afin d'en appeler directement aux actionnaires du laboratoire pharmaceutique américain, qui a jusqu'ici repoussé ses avances.

Mike Pearson, directeur général du groupe canadien, a dit n'avoir aucune raison de relever une troisième fois son offre sur le fabricant du Botox. Le titre Valeant a baissé pendant dix séances consécutives, réduisant le montant de son offre en cash et en actions à environ 50,8 milliards de dollars US (37,5 milliards d'euros) contre 53,8 milliards le 30 mai.

"Nous ne privilégions pas une approche hostile, mais ce 'deal' est si pertinent stratégiquement et financièrement qu'il fait vraiment sens", a-t-il dit.

Le cours de Bourse de Valeant est "artificiellement déprimé", a-t-il ajouté après des semaines de critiques de la part d'Allergan et de certains analystes.

L'action Valeant s'adjugeait 2,98% à 131,34 dollars mardi vers 16h45 GMT sur le New York Stock Exchange tandis qu'Allergan s'appréciait de 1,79% à 162,22.

Valeant a organisé un webcast pour répondre aux dernières charges d'Allergan et clarifier ses intentions s'agissant de son offre, qui pourrait maintenant durer jusqu'en 2015.

Le principal actionnaire d'Allergan, le fonds spéculatif Pershing Square Capital Management, allié à Valeant, cherche à obtenir la convocation d'une assemblée générale extraordinaire pour démettre la plupart des administrateurs d'Allergan.

Parallèlement, Pershing a fait appel à la justice pour s'assurer que sa démarche ne déclenchera pas des mesures de défense d'Allergan.

Pour obtenir la convocation d'une réunion extraordinaire, le fonds dirigé par Bill Ackman a besoin de réunir autour de son nom des actionnaires représentant 25% du capital d'Allergan, soit 15,3% en plus des 9,7% qu'il détient.

"CHÂTEAU DE CARTES"

Pour contrer Pershing et Valeant, Allergan a adopté le 22 avril, lendemain des premières fuites sur l'OPA, une "pilule empoisonnée" qui prévoit l'émission automatique d'actions nouvelles si le seuil de 10% de son capital est franchi.

Howard Schiller, le directeur financier de Valeant, s'est dit confiant dans la tenue de l'assemblée générale extraordinaire, en notant que plus de la moitié des titres d'Allergan avaient changé de mains depuis le 21 avril. Une bonne partie du capital est maintenant aux mains de hedge funds ou d'arbitragistes, a-t-il dit lors du même webcast.

La porte-parole d'Allergan, Bonnie Jacobs, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dans l'hypothèse où les actionnaires d'Allergan désavoueraient les administrateurs avant la fin 2014, les détenteurs d'au moins 10% du capital pourraient demander une nouvelle réunion pour élire leurs remplaçants, un processus qui, selon Valeant, prendrait encore deux mois.

Le nouveau conseil d'administration d'Allergan serait alors en mesure de négocier un accord avec Valeant et de clôturer l'offre.

Depuis deux mois, les deux groupes s'affrontent à coups de communiqués et de présentations vidéo, Valeant dénonçant les coûts trop élevés de sa cible quand Allergan lui reproche d'avoir un business model uniquement basé sur des acquisitions.

La saga a pris un tour inattendu lundi avec la publication par Allergan de courriels privés de Morgan Stanley, qui avait postulé pour le conseiller avant d'être finalement recruté par Valeant. La banque d'affaires y qualifiait Valeant de "château de cartes."

Mike Pearson a qualifié la manoeuvre d'Allergan de "bas bruit" et ajouté que Morgan Stanley restait la banque conseil de Valeant.

Rod Nickel à Winnipeg, avec la contribution de Caroline Humer à New York, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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