L'objectif de déficit risque d'être raté, dit la Cour des comptes

mardi 17 juin 2014 11h08
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le déficit public de la France risque de baisser moins que prévu et d'atteindre 4,0% du PIB fin 2014, voire davantage si la croissance économique est inférieure au 1% sur lequel table le gouvernement, estime la Cour des comptes.

Le gouvernement prévoit quant à lui de ramener le déficit à 3,8% à la fin de l'année, après 4,3% fin 2013 ou 4,2% selon la récente réévaluation du produit intérieur brut par l'Insee.

"L'objectif de déficit pour 2014, déjà révisé à la hausse en mai, risque d'être dépassé", a dit le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant mardi le rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques.

"Le déficit des administrations publiques pourrait dépasser l'objectif de 3,8% et être proche de 4%, voire légèrement supérieur si la prévision de croissance du gouvernement ne se réalisait pas", a-t-il ajouté.

Le Haut conseil des finances publiques (HCFP), présidé par Didier Migaud, a estimé la semaine dernière que "sans être hors d'atteinte, la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 paraît désormais élevée".

La Cour des comptes estime en outre que des risques pèsent sur l'objectif de ramener le déficit à 3% du PIB fin 2015 comme le gouvernement s'est engagé à le faire devant ses partenaires européens.

Elle souligne que l'objectif d'économies pour l'an prochain est très ambitieux et, plus globalement, que sur les 50 milliards d'euros d'économies prévus par le gouvernement entre 2015 et 2017, 30 milliards sont peu documentés et une partie est incertaine.

La Cour souligne en effet que certaines relèvent d'institutions qui ne sont pas contrôlées par l'Etat comme les collectivités territoriales ou l'assurance chômage.   Suite...

 
Alors que le gouvernement prévoit de ramener le déficit public de la France à 3,8% du PIB fin 2014, celui-ci risque de baisser moins que prévu et d'atteindre 4,0% à la fin de l'année, voire davantage si la croissance économique est inférieure au 1% sur lequel table le gouvernement, estime la Cour des comptes. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic