Le patron de la Bundesbank écarte une dévaluation de l'euro

dimanche 15 juin 2014 16h54
 

BERLIN (Reuters) - Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, juge qu'une dévaluation de l'euro destinée à aider les exportations n'apporterait pas les bienfaits attendus.

Toute décision visant à affaiblir la monnaie unique serait susceptible d'être imitée par d'autres banques centrales, provoquant une "course à la dévaluation" qui ne produirait que des perdants, dit-il dans une interview au magazine allemand Focus rendue publique dimanche avant sa parution.

"La compétitivité ne peut être amenée par une dévaluation. Elle est générée par des entreprises avec des produits attractifs qui tiennent leurs marchés", fait valoir Jens Weidmann, considéré comme le plus "faucon" des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

"Une économie forte peut aussi tolérer une monnaie forte."

Plusieurs pays de la zone euro, dont la France, plaident en faveur de discussions sur ce qu'ils appellent la vigueur excessive de l'euro lorsque le nouveau Parlement européen sera installé.

La BCE n'a pas de cible pour le taux de change de l'euro

qui se négocie actuellement autour de 1,35 dollar, contre 1,40 dollar début mai avant l'anticipation puis l'annonce par la BCE de mesures monétaires destinées à soutenir l'activité économique et à écarter les risques de déflation.

Le patron de la Bundesbank a précisé qu'il avait des réserves sur ces mesures mais qu'il les avait néanmoins approuvées, les estimant justifiées dans le contexte actuel d'inflation faible.

La BCE a décidé à l'unanimité, lors de sa réunion du 5 juin, de baisser ses taux directeurs, de porter son taux des dépôts en territoire négatif - une disposition inédite pour une grande banque centrale - et de lancer une nouvelle opération de refinancement à long terme à l'adresse des banques pour les encourager à prêter à l'économie.   Suite...

 
Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, juge qu'une dévaluation de l'euro destinée à aider les exportations n'apporterait pas les bienfaits attendus. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel