Nestlé veut une plus grosse part du chocolat haut de gamme

dimanche 8 juin 2014 16h59
 

par Silke Koltrowitz et Martinne Geller

ZURICH/LONDRES (Reuters) - L'administrateur délégué de Nestlé, à la tête de l'empire qui s'étend de l'alimentation pour bébé aux crèmes antirides, avoue que l'une des plus anciennes activités du groupe suisse - le chocolat - est une source de frustration.

Nestlé est l'un des nombreux fabricants de produits de consommation courante qui cherchent à entrer sur le marché haut de gamme, de produits naturels, artisanaux ou organiques afin de compenser la faiblesse de leurs ventes confrontées à un environnement difficile en Europe et en Amérique du Nord.

Sa marque Nespresso s'est taillé une place de choix sur le marché du café de haute qualité, favorisée par des accords d'exclusivité avec des distributeurs, une technologie de pointe et les publicités avec George Clooney. Mais l'entreprise n'a pas fait la même chose avec le chocolat.

"Le chocolat haut de gamme est ma petite frustration personnelle", a confessé son administrateur délégué Paul Bulcke à des investisseurs lors d'une conférence à Boston le 4 juin.

Cette déclaration a relancé les spéculations sur le fait que le groupe suisse, connu pour ses nombreuses marques de chocolat grand public, pourrait être en quête d'une acquisition sur le marché plus haut de gamme, notamment aux Etats-Unis. Un porte-parole de Nestlé a refusé de commenter ces spéculations.

"Je pense qu'il y aura une initiative de portée mondiale de la part de l'entreprise dans le chocolat de haute qualité dans les mois et trimestres à venir", dit Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux. "Et pour être franc, il est grand temps."

Nestlé a réalisé des ventes d'environ 7,5 milliards de francs suisses (6,15 milliards d'euros) sur le marché du chocolat l'an dernier, soit environ 8% de son chiffre d'affaires total. Son activité de confiserie est en troisième position, derrière Mondelez International et Mars, sur un marché mondial de plus de 196 milliards de dollars (143,7 milliards d'euros), selon le bureau d'études Euromonitor International.

Au cours des sept dernières années, la confiserie de Nestlé a connu une croissance de 5,7%, inférieure à la croissance moyenne du groupe, à 6,3%, selon les analystes de Vontobel.   Suite...

 
L'administrateur délégué de Nestlé Paul Bulcke, à la tête de l'empire qui s'étend de l'alimentation pour bébé aux crèmes antirides, avoue que l'une des plus anciennes activités du groupe suisse - le chocolat - est une source de frustration. /Photo d'archives/REUTERS/Edgard Garrido