5 juin 2014 / 08:28 / il y a 3 ans

Siemens prendrait une part minoritaire dans un Alstom transport

Siemens prendrait une part minoritaire dans un Alstom recentré sur le transport, en cas d'accord sur la reprise des activités énergie du groupe français, déclare le président de la branche française de la société allemande dans une interview publiée jeudi par Le Parisien. /Photo prise le 30 mai 2014/Lukas Barth

PARIS (Reuters) - Siemens prendrait une part minoritaire dans un Alstom recentré sur le transport, en cas d'accord sur la reprise des activités énergie du groupe français, déclare le président de la branche française de la société allemande dans une interview publiée jeudi par Le Parisien.

Siemens convoite, comme General Electric, les activités énergie d'Alstom mais seul le groupe américain, qui a la préférence du PDG du groupe français, Patrick Kron, a à ce jour déposé une offre.

Le président de Siemens France, Christophe de Maistre, confirme dans Le Parisien que le groupe allemand fera une proposition d'ici le 16 juin. "Ceux qui doutent du sérieux de la démarche de Siemens seront déçus", dit-il.

Dans ce qui ressemble fort à une opération séduction, il assure ainsi que le projet de Siemens offrira un "avenir solide à Alstom" dans le ferroviaire en apportant son activité matériel roulant au groupe français.

"Nous prendrions une part minoritaire dans ce nouvel Alstom transport. Et on est prêts à discuter de notre activité signalisation ferroviaire, qui pèse deux fois plus que celle d'Alstom", précise Christophe de Maistre.

Lors de son audition la semaine dernière par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée, le dirigeant avait toutefois indiqué que Siemens souhaitait racheter les activités de signalisation du groupe français.

Concernant les activités énergie et les turboalternateurs, il fait une place à part aux équipements utilisés dans les centrales nucléaires.

Des experts du secteur soulignent cependant la difficulté à isoler les turbines et alternateurs pour centrales nucléaires dans la mesure où ils sont fabriqués sur les mêmes sites que les équipements pour les autres types de centrales.

"Seuls deux groupes dans le monde fabriquent ces turboalternateurs: Alstom et le consortium américano-japonais General Electric-Hitachi", rappelle Christophe de Maistre.

"PARTENARIAT"

Les clients français d'Alstom dans ce domaine ne sont autres qu'Areva, EDF et GDF Suez.

"C'est donc un élément national de sécurité et d'indépendance énergétique majeur", admet le président de Siemens France. "Il faut pouvoir vendre des centrales nucléaires dans le monde sans en référer aux autorités américaines."

Dans ces conditions, Siemens envisage plusieurs options, précise-t-il : "Il est possible d'exclure cette activité des négociations. Ou de prendre une part minoritaire dans la branche afin de créer une synergie avec la partie classique."

Dans cette deuxième option, le centre de décision serait maintenu à Belfort, ajoute Christophe de Maistre, de toute évidence soucieux de rassurer les salariés français d'Alstom, qui redoutent de faire les frais d'une absorption des activités énergie de leur entreprise par le groupe allemand.

"On parle donc de partenariat. Sinon ce n'est pas acceptable. Pour le public comme pour l'Etat", souligne-t-il, tout en rappelant que Siemens s'est formellement engagé à maintenir l'emploi sur une durée de trois ans en cas de rachat des activités énergie d'Alstom.

Emmanuel Jarry, avec Benjamin Mallet, édité par Matthieu Protard

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