François Hollande demande un règlement "proportionné" du cas BNP

mercredi 4 juin 2014 17h39
 

VARSOVIE/PARIS (Reuters) - François Hollande a plaidé mercredi pour un règlement "proportionné" du contentieux entre BNP Paribas et les Etats-Unis, qu'il entend évoquer jeudi soir avec Barack Obama lors d'un dîner à Paris, en marge de la commémoration du débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie.

Le premier groupe bancaire français, deuxième de la zone euro, est accusé par la justice américaine d'avoir financé des opérations avec des pays sous embargo américain, tels que l'Iran, le Soudan et Cuba.

Selon des sources proches du dossier, la pénalité pourrait atteindre 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros). La banque pourrait aussi se voir interdire temporairement de régler des transactions en dollars.

"La justice est indépendante, elle l'est aux Etats-Unis, elle l'est en France", a déclaré François Hollande à la presse lors d'un déplacement à Varsovie. "Et je fais valoir des arguments sur le caractère disproportionné. Tout cela, nous en parlerons demain soir. Pour l'instant, il n'y a pas eu de décision de prise. Nous sommes dans une phase où c'est la BNP qui négocie. Ce n'est pas la France qui le fait. Moi je ne suis là que pour faire valoir un certain nombre d'arguments."

Le président français a confirmé être "intervenu plusieurs fois avec des formes multiples, différentes, notamment une lettre" envoyée à Barack Obama le 7 avril.

Après avoir fait profil bas, l'exécutif français a adopté un moyen terme entre ceux qui le sommaient de ne pas se mêler de ce contentieux, ou au moins de le faire discrètement, et les partisans d'une réaction musclée.

Il ne conteste pas une éventuelle sanction contre BNP Paribas mais s'efforce d'obtenir une réduction des pénalités envisagées pour éviter au groupe une ponction qui compromettrait ses capacités de financement de l'économie française.

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François Hollande plaide pour un règlement "raisonnable" du contentieux de BNP-Paribas avec les Etats-Unis, dans un courrier adressé à Barack Obama dans lequel il s'inquiète de l'impact des sanctions envisagées, jugées disproportionnées. /Photo prise le 30 mai 2014/REUTERS/Charles Platiau