La France plaide pour une réduction de peine pour BNP-Paribas

mardi 3 juin 2014 21h59
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - A deux jours d'un entretien entre François Hollande et Barack Obama, Laurent Fabius a tiré mardi une salve à destination de Washington dans l'espoir d'une réduction de peine pour BNP-Paribas, en délicatesse avec la justice américaine.

Le ministre des Affaires étrangères est sorti de la réserve observée jusqu'ici par le gouvernement pour établir un parallèle entre ce contentieux et les discussions entre l'Union européenne et Washington sur un futur accord de libre échange.

"Nous sommes en train de discuter (...) autour d'un partenariat transatlantique. Ce partenariat commercial ne peut être établi que sur une base de réciprocité", a-t-il déclaré. "Or là, vous auriez l'exemple d'une décision injuste et unilatérale", a ajouté le chef de la diplomatie française, sur France 2. "Donc c'est un très sérieux et même grave problème." Il n'a pas contesté la légitimité d'une éventuelle sanction contre le premier groupe bancaire français, accusé d'avoir contourné l'embargo américain à l'encontre de pays comme l'Iran, mais son montant de 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros).

"S'il y a eu une faute ou une infraction, il est normal qu'il y ait une sanction. La sanction doit être proportionnée et raisonnable. Ces chiffres-là ne sont pas raisonnables."

Dans une interview aux Echos, le ministre des Finances, Michel Sapin, prévient de son côté que la France "réagirait fermement pour protéger ses intérêts fondamentaux" si les autorités américaines ne traitaient pas BNP Paribas "de manière équitable".

Telle semble désormais ^tre la ligne de l'exécutif, soucieux d'éviter à BNP-Paribas une ponction qui compromettrait ses capacités de financement de l'économie française au moment où elle en a le plus besoin, sans paraître pour autant défendre des comportements qu'il sait inacceptables pour Washington.

Les autorités françaises font aussi valoir qu'une telle ponction sur les ressources du deuxième groupe bancaire de la zone euro ne manquerait pas d'avoir un impact sur le système financier de l'UE tout entier.

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A deux jours d'un entretien entre François Hollande et Barack Obama, Laurent Fabius a tiré mardi une salve à destination de Washington dans l'espoir d'une réduction de peine pour BNP-Paribas, en délicatesse avec la justice américaine. /Photo prise le 2 juin 2014/REUTERS/Charles Platiau