May 31, 2014 / 11:39 AM / 3 years ago

La disparition du vol MH370 hantera le sommet de l'Iata

5 MINUTES DE LECTURE

Le sommet annuel de l'Iata célèbrera cette année le centenaire de l'aviation civile, un hommage assombri par la catastrophe du vol MH370 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines. /Photo prise le 2 mai 2014/Jason Lee

DOHA/KUALA LUMPUR (Reuters) - Le sommet annuel de l'Iata célèbrera cette année le centenaire de l'aviation civile, un hommage assombri par la catastrophe du vol MH370 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines.

L'Association internationale du transport aérien, qui représente 80% environ du secteur de l'aviation, s'est engagée à trouver de nouveaux moyens de "tracer" les appareils, alors même que les recherches internationales du vol MH370, en cours depuis trois mois, continuent de piétiner.

"La perte du MH370 reste dans tous les esprits", a dit le directeur général de l'Iata Tony Tyler, avant la réunion qui se tiendra du 1er au 3 juin à Doha, capitale du Qatar.

Mais ce qui occupe aussi les esprits des patrons de compagnies aériennes - et surtout des plus petites - c'est le coût d'équipement des avions avec du matériel de traçage par satellite.

"Les compagnies de portée internationale auront peut-être les moyens pour ça mais les acteurs plus petits ont déjà leurs marges sous tension et n'ont guère d'argent de côté", a dit un responsable d'une compagnie asiatique.

L'Iata a fait savoir ce mois-ci qu'elle mettrait sur pied un groupe de travail chargé d'étudier la question des moyens de traçage sur le court terme, tandis que l'agence de l'aviation des Nations unies élabore de son côté des normes de long terme.

Deux organes de l'Onu ont tenu des réunions internationales sur la question durant le mois écoulé, l'une au siège montréalais de l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et l'autre, plus récente, à Kuala Lumpur, d'où a décollé le vol MH370 le 8 mars avant de disparaître sans laisser trace.

Diverses études ont mis l'accent sur le problème du coût, lié en particulier aux redevances satellitaires mais un responsable de l'OACI a dit avoir bon espoir que cela ne constitue pas une entrave pour le secteur du transport aérien.

ecosystème D'acheteurs

Mais en l'absence d'accord ferme sur les technologies employées, aucun calendrier ne se dessine pour la mise en place de système de traçage en temps réel.

Des professionnels font en outre remarquer qu'il faudrait atteindre un degré exceptionnel de coopération entre grandes et petites compagnies pour que le système fonctionne.

"Si ceux qui vendent n'ont pas un écosystème d'acheteurs à leur disposition, on aura en définitive un petit produit onéreux qu'une poignée seulement de compagnies aériennes pourra s'offrir", a dit un régulateur asiatique qui sera présent au sommet de l'Iata.

L'Iata, qui regroupe 240 compagnies aériennes, discutera également de l'évolution d'un secteur pesant 750 milliards de dollars; si le trafic passagers augmente, celui du fret est en demi-teinte depuis quelque temps.

Les volumes du fret ont augmenté de 3,2% en avril contre une hausse de 7,5% pour le trafic passagers. Les délégués de l'Iata évoqueront les moyens de raccourcir les délais d'expédition pour améliorer la compétitivité de leur activité fret.

"Des partenariats pourraient être un moyen de lutter contre la faiblesse du marché du fret", observe Jürgen Pieper, analyste de Metzler.

L'Iata publiera enfin les prévisions financières du secteur aérien lundi. Elle anticipe pour l'heure un bénéfice global de 18,7 milliards de dollars (13,7 milliards d'euros) en 2014 et un chiffre d'affaires de 745 milliards (546 milliards d'euros), équivalent à une marge bénéficiaire de 2,5%, soit 5,65 dollars environ par passager transporté.

Le Contentieux Du Golfe

Le fait que, pour la première fois, un pays du Golfe accueille le sommet de l'Iata n'est pas dépourvu de signification.

En un peu plus de 10 ans, la part du trafic international assurée par des compagnies du Golfe est passée de 4% à 9%, a noté le directeur général de l'Iata.

Les transporteurs américains et européens affirment que le statut public de compagnies telles qu'Emirates, Etihad Airways ou Qatar Airways, et l'existence éventuelle de subventions au kérosène, impliquent qu'elles jouissent d'avantages indus.

Les compagnies du Golfe démentent recevoir la moindre subvention de leurs gouvernements mais la question est revenue sur le devant de la scène le mois dernier lorsqu'il a été rapporté dans la presse australienne qu'Etihad Airways avait pu bénéficier d'un prêt à taux zéro de trois milliards de dollars auprès de la famille régnante d'Abu Dhabi.

Avec Praveen Menon et Tim Hepher, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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