Vigilance des investisseurs sur les entrées en Bourse en Europe

jeudi 29 mai 2014 19h21
 

par Jemima Kelly et Freya Berry et Simon Jessop

LONDRES (Reuters) - Confrontés à une fièvre des introductions en Bourse depuis l'année dernière en Europe, les investisseurs sont devenus bien plus sélectifs et évitent les candidats dont les valorisations sont les plus sujettes à caution.

Le câblo-opérateur polonais Multimedia est le dernier en date, ce jeudi, à avoir renoncé au moins provisoirement à son IPO pour cause de demande médiocre, après la chaîne de magasins de confection britannique Fat Face et la société immobilière néerlandaise Domus.

Cette circonspection des investisseurs conduit à restreindre sensiblement les anticipations de prix pour les grandes IPO attendues telles celles du distributeur discount B&M et de la banque TSB, qui veulent se lancer en Bourse avant les vacances d'été au cas où la "fenêtre des IPO" viendrait à se refermer brutalement.

Cette fenêtre s'est ouverte en 2013 à la faveur d'une amélioration des perspectives économiques européennes et de la masse de liquidités bon marché injectée par les banques centrales depuis la crise financière, des facteurs qui ont largement contribué au dynamisme boursier en Europe.

Les IPO représentent en valeur 25,3 milliards de dollars (18,6 milliards d'euros) depuis le début de l'année, répartis en 85 opérations, soit plus du triple de la période comparable de 2013, dont un tiers à peu près à Londres.

Le rythme des introductions en Bourse s'est accéléré ces derniers mois mais la perspective de voir les taux d'intérêt remonter et une reprise économique peu convaincante en Europe refroidissent quelque peu les ardeurs de la Bourse et par contrecoup l'intérêt des investisseurs pour les postulants.

"Nous trouvons que les opérations sont chères d'une manière générale, sans grand potentiel haussier laissé pour l'acheteur", dit Nicholas Melhuish (Amundi), qui s'est contenté d'investir dans une seule opération cette année.

Parmi les sociétés qui ont trouvé preneur, certaines, comme l'assureur Saga, ont dû mettre à prix dans le bas de la fourchette anticipée par le marché, D'autres, telles AO.com et Just Eat, ont vu leur cours tomber rapidement en deçà du prix d'IPO.   Suite...

 
Confrontés à une fièvre des introductions en Bourse depuis l'année dernière en Europe, les investisseurs sont devenus bien plus sélectifs et évitent les candidats dont les valorisations sont les plus sujettes à caution. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson