Attentisme en Russie, espoirs en Pologne dans l'aéronautique

vendredi 23 mai 2014 15h08
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les industriels occidentaux de l'aéronautique ne ressentent pas encore d'effet dramatique de la crise ukrainienne sur leurs contrats en Russie, tandis que les groupes de défense sont en ordre de bataille pour répondre aux besoins en équipements manifestés par la Pologne.

Mais dans ces secteurs soumis à la diplomatie, les relations commerciales des Occidentaux avec la Russie ses ex-pays satellites en ébullition sont aussi volatiles que l'évolution de la situation à la frontière russo-ukrainienne où Moscou a déployé 40.000 soldats après avoir annexé la Crimée.

Dans l'aviation d'affaires, indicateur avancé du secteur aéronautique, de premiers accrocs ont été constatés avec des clients russes, tandis que les industriels français de la défense engagés dans des négociations en Pologne pâtissent de la relative discrétion de Paris depuis le début de la crise.

"Cela se tend, la Pologne reproche à la France son insuffisante réaction pour défendre l'Ukraine", dit-on chez l'un d'entre eux, qui a souhaité rester anonyme.

Concentrée sur d'autres conflits et alignée sur les Etats-Unis, la diplomatie française a manqué d'initiative dans la crise ukrainienne, commettant des erreurs d'appréciation dans l'attitude à adopter face à Moscou, ont dit des analystes à Reuters.

Plusieurs groupes français ont le doigt sur la gâchette pour aider la Pologne à améliorer ses équipements, parfois encore issus de l'ère soviétique.

Thales s'est ainsi allié à MBDA (consortium Airbus Group, BAE Systems et Finmeccanica) et à un groupe de défense public polonais pour décrocher un contrat de missiles évalué à plusieurs milliards d'euros que Varsovie pourrait attribuer dès juin.

Le constructeur naval militaire DCNS discute de son côté de la livraison à la Pologne de deux à quatre sous-marins pour un montant total de deux à trois milliards d'euros depuis 2012, ainsi que sur une modernisation des chantiers navals polonais.   Suite...

 
Une maquette du Boeing Business Jet au salon EBACE à Genève. Les industriels occidentaux de l'aéronautique ne ressentent pas encore d'effet dramatique de la crise ukrainienne sur leurs contrats en Russie, tandis que les groupes de défense sont en ordre de bataille pour répondre aux besoins en équipements manifestés par la Pologne. /Photo prise le 20 mai 2014/REUTERS/Pierre Albouy