La Coupe du monde au Brésil se mue en menace pour l'économie

mercredi 21 mai 2014 17h20
 

par Alonso Soto

RIO DE JANEIRO (Reuters) - Le Brésil a longtemps espéré que l'organisation de la Coupe du monde de football donnerait un élan supplémentaire à son économie. Aujourd'hui, cet espoir a pour une bonne part laissé la place à la peur de voir les troubles sociaux effrayer les investisseurs et ternir pour longtemps l'image du pays.

Le gouvernement de Dilma Rousseff estime que le Mondial, qui débutera le 12 juin pour un mois, pourrait augmenter d'un demi-point de pourcentage la croissance du produit intérieur brut (PIB) cette année et créer plus d'un million d'emplois.

Les économistes indépendants sont plus prudents et tablent sur une contribution d'environ 0,2 point au PIB, selon une récente enquête de Reuters.

La croissance brésilienne ne devrait pas dépasser 1,6% cette année selon la dernière enquête hebdomadaire de la banque centrale, après 2,3% l'an dernier. Elle avait atteint 7,5% en 2010, l'année de la précédente Coupe du monde, en Afrique du Sud.

Il y a sept ans, lorsque le Brésil s'est vu attribuer l'organisation du Mondial 2014, le gouvernement de l'époque s'était félicité de cette occasion d'affirmer le nouveau statut de puissance économique de premier plan du pays et de transformer en profondeur ses infrastructures de transports.

Mais le compte n'y est pas: sur les 11,7 milliards de dollars (8,5 milliards d'euros) d'investissements prévus, seuls sept milliards environ ont été engagés selon le Bureau du contrôleur général, un écart que la plupart des observateurs expliquent par une mauvaise planification et les méfaits de la bureaucratie.

Dans l'ensemble du pays, seuls 36 des 93 grands projets prévus ont été achevés, selon la Sinaenco, une fédération d'architectes et d'ingénieurs.

Cela n'empêchera sans doute pas le tournoi d'avoir lieu, ni peut-être même le Brésil de le remporter pour la sixième fois. Mais, au lieu de mettre en avant les forces du pays, l'événement risque de souligner ses faiblesses, au premier rang desquelles des investissements insuffisants et le manque de volonté politique en matière de grands projets.   Suite...

 
Manifestation à Rio de Janeiro contre l'organisation de la Coupe du monde de football au Brésil. Le pays a longtemps espéré que l'organisation de cette compétition sportive donnerait un élan supplémentaire à son économie, mais aujourd'hui, cet espoir a pour une bonne part laissé la place à la peur de voir les troubles sociaux effrayer les investisseurs et ternir pour longtemps l'image du Brésil. /Photo prise le 14 mai 2014/REUTERS/Sergio Moraes