La BCE aux prises avec le casse-tête de l'euro fort

mercredi 21 mai 2014 16h40
 

PARIS (Reuters) - Confrontée à l'essoufflement de la croissance et à une inflation faible, la Banque centrale européenne (BCE) cherche à asseoir la récente baisse de l'euro mais cette ambition à double tranchant se heurte à la faiblesse de ses marges de manoeuvre et à l'excédent extérieur de la zone euro.

Depuis la dernière réunion de politique monétaire de la BCE, le 8 mai, et la préoccupation exprimée par son président Mario Draghi à propos de la vigueur de l'euro, celui-ci a perdu jusqu'à 2,5% de sa valeur pour revenir sous 1,3650 dollar à ses plus bas. Mais il peine depuis à se maintenir sous 1,37 dollar.

"Si c'était simple de faire baisser le taux de change, on l'aurait déjà fait", relève un responsable monétaire de la zone euro.

La vigueur de la devise européenne contribue à la faiblesse jugée préoccupante de l'inflation en zone euro en déprimant les prix à l'importation. L'inflation ayant reculé plus vite que les taux d'intérêt nominaux, les taux réels augmentent, ce qui correspond à un durcissement de fait des conditions monétaires qui fragilise la reprise de la zone euro.

Signe de l'inquiétude ambiante, même la très orthodoxe Bundesbank, peu encline à commenter les mouvements de l'euro, a fait savoir cette semaine par la voix de son président Jens Weidmann que la BCE surveillait de près son niveau.

"En plaidant pour une baisse de l'euro, Mario Draghi cherche à sauver la reprise européenne qui donne des signes inquiétants d'essoufflement et ce faisant l'euro, qui ne résisterait pas à une rechute de l'activité", prévient François Chevallier, économiste de la banque Leonardo.

DIFFÉRENCE D'ANALYSE

Pour la BCE, il ne s'agit pas de soutenir la compétitivité de la zone euro ou de certains de ses pays par une dépréciation du change comme l'a réclamé le nouveau Premier ministre français Manuel Valls lors de son discours de politique générale puis lors de la présentation de son plan d'économies.   Suite...

 
Confrontée à l'essoufflement de la croissance et à une inflation faible, la Banque centrale européenne cherche à asseoir la récente baisse de l'euro mais cette ambition à double tranchant se heurte à la faiblesse de ses marges de manoeuvre et à l'excédent extérieur de la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger