L'A400M et l'Eurofighter en mal d'export

mardi 20 mai 2014 19h32
 

par Cyril Altmeyer

BERLIN (Reuters) - L'avion de transport militaire A400M et le chasseur Eurofighter, les deux programmes phares de la défense aérienne européenne, peinent à déboucher sur des contrats à l'export, a déclaré mardi à Reuters Domingo Urena-Raso, patron des avions militaires d'Airbus Group.

Ces deux symboles de la coopération industrielle européenne ont connu un développement laborieux et des interrogations pèsent désormais sur la survie après 2018 de l'Eurofighter, produit par Airbus Group, BAE Systems et Finmeccanica, s'il échoue à l'export.

Et neuf mois après sa réception par la France du premier exemplaire, l'A400M, développé avec la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, le Luxembourg, l'Espagne et la Turquie pour un coût de plus de 20 milliards d'euros, en est toujours aux démonstrations à des prospects à l'export.

"Nous travaillons de manière très active à montrer l'avion dans différents pays avec l'espoir que certains disent qu'ils sont intéressés pour commencer à discuter", a expliqué Domingo Urena-Raso en marge du salon de l'aérospatiale et de la défense ILA à Berlin. "Mais nous n'en sommes pas encore à ce stade".

L'A400M, qui a été notamment présenté au Mexique et aux Emirats arabes unis et va l'être cette semaine au Kazakhstan, a suscité l'intérêt de plusieurs pays dans le Golfe, l'Asie-Pacifique et en Amérique latine.

La seule commande à l'export pour l'instant est celle de quatre appareils passée par la Malaisie au milieu des années 2000 sur le total de 170 unités que compte le programme.

Ces difficultés interviennent dans un contexte budgétaire particulièrement tendu en Europe, notamment en France où le gouvernement a annoncé son intention de réduire les dépenses dans tous les domaines, y compris dans la défense.

La France a prévu dans son budget militaire une cinquantaine d'avions de "transport tactique", mais sans préciser s'ils correspondront bien aux 50 A400M qu'elle a commandés.   Suite...

 
Un Airbus A400M sur la base militaire d'Orléans. Le nouvel avion de transport militaire et le chasseur Eurofighter, les deux programmes phares de la défense aérienne européenne, peinent à déboucher sur des contrats à l'export, estime Domingo Urena-Raso, patron des avions militaires d'Airbus Group.. /Photo prise le 30 septembre 2013/REUTERS/Christian Hartmann