Airbus vigilant sur la Russie, attend beaucoup de l'Inde

mardi 20 mai 2014 14h01
 

par Cyril Altmeyer

BERLIN (Reuters) - Airbus s'est dit attentif mardi aux implications de la crise ukrainienne sur ses approvisionnements en titane russe et au volontarisme du futur Premier ministre indien pour construire les infrastructures indispensables à l'essor de l'aviation dans le pays.

John Leahy, le directeur commercial du constructeur aéronautique européen, a expliqué lors d'une conférence de presse au salon ILA à Berlin ne pas avoir encore constaté d'impact sur son activité du fait des tensions entre la Russie et l'Occident au sujet de l'Ukraine.

Airbus achète au russe VSMPO plus de la moitié de son titane, matériau léger utilisé notamment pour l'A350, prévu pour être livré à la fin de l'année à son premier client, Qatar Airways.

Günter Butschek, directeur général délégué d'Airbus, a fait savoir que l'avionneur avait mis en place un groupe de travail pour garantir ses approvisionnements en titane pour le futur long courrier, le programme le plus critique de la filiale d'Airbus Group, ex-EADS.

L'A350, décliné en trois versions destinées à affronter à la fois le 787 et le 777 de Boeing, constitue un enjeu crucial dans la lutte que mène Airbus face à l'américain dans ce segment de marché particulièrement stratégique, en complément de son très gros porteur A380.

Déjà fortement positionné en Chine, le marché le plus prometteur du monde où il compte agrandir son usine de Tianjin, Airbus a également les yeux rivés sur l'Inde, après la victoire écrasante du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP) aux élections législatives indiennes, la semaine dernière.

Les industriels attendent beaucoup du futur Premier ministre Narendra Modi, réputé pour son volontarisme en termes de réforme économique.

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La cabine de l'Airbus A350 XWB, futur long courrier de l'avionneur européen qui se dit vigilant sur la crise ukrainienne en raison de ses liens avec la Russie qui lui fournit du titane, et désireux de travailler avec le futur gouvernement indien et un Premier ministre connu pour son volontarisme dans le domaine économique. /Photo prise le 7 avril 2014/REUTERS/Fabian Bimmer