Drone-Airbus et Dassault remettent leur projet aux Etats

lundi 19 mai 2014 16h00
 

par Cyril Altmeyer

PARIS/GENEVE (Reuters) - Airbus Group, Dassault Aviation et Finmeccanica ont annoncé lundi avoir remis ensemble leur projet de drone de surveillance aux gouvernements français, allemand et italien, près d'un an après leur annonce commune en ce sens faite à la veille du salon du Bourget en juin 2013.

Cette initiative constitue une grande première pour des industriels habituellement concurrents, que ce soit dans les programmes avortés de drones (Dassault-BAE Systems d'un côté et EADS de l'autre) ou dans les avions de combat (le Rafale de Dassault, l'Eurofighter d'Airbus Group-BAE-Finmeccanica et le Gripen du suédois Saab).

En annonçant son intention de commander 12 drones de surveillance Reaper à l'américain General Atomics l'an dernier, la France a provoqué un électrochoc chez les trois industriels européens dont le projet de drone "Male" 2020 prévoit de faire voler des drones Male (moyenne altitude-longue endurance) européens au début de la prochaine décennie.

Cette phase de définition prévoit que les trois Etats définissent leurs besoins de drone européen en concertation avec leurs forces respectives, précisent les trois groupes dans un communiqué commun.

"Cette phase permettra également d'éviter les développements additionnels en cours de production et de réduire au maximum les risques financiers et techniques", soulignent-ils.

Cette étude de faisabilité, qui représentera quelques millions d'euros à se partager entre les trois pays concernés, devrait déboucher sur un lancement réel du programme en 2016 sur la base des besoins opérationnels détaillés des armées, a expliqué Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation.

Le développement du programme en lui-même reviendra à "largement moins de 100 millions d'euros" par pays et par an sur une décennie, a-t-il précisé à des journalistes en marge du salon de l'aviation d'affaires Ebace à Genève.

"C'est pour nous une alerte de dire : nous sommes prêts", a-t-il souligné. "On demande maintenant aux autorités européennes, mais principalement françaises, allemandes et italiennes de prendre leurs responsabilités".   Suite...