La reprise en zone euro est à la fois lente et inégale

jeudi 15 mai 2014 16h03
 

par Martin Santa et Annika Breidthardt

BRUXELLES/BERLIN/PARIS (Reuters) - La croissance économique de la zone euro a été deux fois plus faible qu'attendu au premier trimestre et l'inflation y reste inférieure à 1%, une situation qui plaide en faveur d'un assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) dès sa prochaine réunion, début juin.

Le produit intérieur brut (PIB) des Dix-Huit, qui représente environ 9.500 milliards d'euros par an, n'a progressé que de 0,2% sur janvier-mars par rapport au trimestre précédent, un chiffre inchangé comparé à la période octobre-décembre. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une accélération à 0,4%.

Le chiffre du premier trimestre est resté positif surtout grâce à la forte contribution de la croissance de l'Allemagne (0,8%), la première économie de la région, alors que la France a stagné et que l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Finlande affichent des performances négatives.

"Le chiffre d'aujourd'hui est une grosse déception car il sous-entend que la zone euro est encore loin d'avoir pris un élan suffisant pour lui assurer une reprise durable", a commenté Peter Vanden Houte, chef économiste d'ING pour la zone euro.

Eurostat, l'institut européen de la statistique économique, a parallèlement confirmé que l'inflation dans la zone euro n'avait pas dépassé 0,7% en rythme annuel en avril, un chiffre toujours nettement inférieur à l'objectif de la BCE d'une hausse des prix proche de 2%.

La banque centrale travaille actuellement à l'élaboration d'un ensemble de décisions susceptibles d'être adoptées en juin pour soutenir l'économie, qui pourraient inclure une baisse de ses trois taux directeurs et des mesures complémentaires destinées à endiguer tout risque de déflation, ont dit plusieurs sources à Reuters cette semaine.

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La croissance économique de la zone euro a été deux fois plus faible qu'attendu au premier trimestre et l'inflation y reste inférieure à 1%, une situation qui plaide en faveur d'un assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) dès sa prochaine réunion, début juin. /Photo d'archives/REUTERS/Lisi Niesner