Stagnation pour l'économie française au premier trimestre

jeudi 15 mai 2014 11h48
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'économie française a stagné au premier trimestre, victime d'une faiblesse de la consommation et des investissements qui fait peser des doutes sur la solidité du retournement entrevu par François Hollande.

Le zéro pour cent de croissance annoncé jeudi par l'Insee pour le produit intérieur brut (PIB) de la période janvier-mars fragilise en outre le scénario macroéconomique du gouvernement pour 2014 et, partant, le respect des objectifs de réduction des déficits publics sur lequel ils ont été bâtis.

"Il faudra 0,5% de croissance chaque trimestre jusqu’à la fin de l’année pour arriver au 1% prévu par le gouvernement. Ce sera compliqué", déclare Philippe Waechter, responsable des études économiques de Natixis Asset Management.

Le retournement espéré par le chef de l'Etat dans une interview début mai "a du mal à se dessiner", ajoute-t-il.

La révision en baisse du produit intérieur brut du quatrième trimestre, à 0,2% contre 0,3% précédemment annoncé, est un autre signe de la faiblesse de la dynamique actuelle de l'économie française.

Seule la reconstitution des stocks des entreprises lui a permis d'échapper à une contraction en début d'année, alors que l'Allemagne a affiché dans le même temps une croissance de 0,8% grâce à la bonne tenue de sa demande intérieure.

Par comparaison, celle-ci a contribué négativement pour 0,4 point au PIB français du premier trimestre du fait des reculs de 0,5% des dépenses de consommation des ménages et de 0,9% de l'investissement, celui des entreprises se contractant de 0,5%.

Les économistes y voient le contrecoup des achats effectués fin 2013 en anticipation de la hausse de la TVA et du durcissement du bonus-malus automobile. Les températures supérieures aux normales saisonnières ont en outre pénalisé les dépenses en énergie.   Suite...

 
L'économie française a enregistré une croissance nulle au premier trimestre sous l'effet d'un recul de la demande intérieure (consommation et investissements) compensé seulement par la reconstitution des stocks des entreprises, selon les premiers résultats de l'Insee.  /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau