La France se dote d'une nouvelle arme pour négocier sur Alstom

jeudi 15 mai 2014 07h33
 

par Jean-Baptiste Vey et Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - L'Etat français s'est doté jeudi d'une nouvelle arme pour négocier dans le dossier Alstom, dont la branche énergie est convoitée par General Electric, avec un décret forçant tout acquéreur à obtenir son autorisation.

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a critiqué ce projet de reprise -jugé inacceptable par François Hollande- et a souhaité qu'un plan alternatif soit proposé par le groupe allemand Siemens.

Favorable à l'offre de General Electric, d'un montant de 12,35 milliards d'euros, Alstom s'est donné jusqu'à la fin du mois pour prendre sa décision.

"Avec ce décret, on est armé pour continuer les discussions et les négociations vis-à-vis des deux sociétés qui ont exprimé leur intérêt", a dit une source proche d'Arnaud Montebourg.

L'autorisation d'une telle prise de contrôle devra être délivrée par le ministre de l'Economie. Un refus empêcherait un rachat et pourrait être contesté devant le Conseil d'Etat.

Pour Arnaud Montebourg, "Alstom est un maillon essentiel de notre indépendance énergétique". "Avec ce décret, nous rééquilibrons le rapport de force entre les intérêts des entreprises multinationales et les intérêts des États", ajoute-t-il dans les extraits d'un entretien publiés dans la nuit de mercredi à jeudi sur le site internet du quotidien Le Monde.

Une source dans son entourage précise que l'arme du refus "n'a pas forcément vocation à être utilisée" mais "s'il n'y avait pas ce poids-là, il n'y aurait pas de place autour de la table".

Contacté par Reuters, General Electric n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat et personne n'était immédiatement disponible chez Alstom pour commenter ces informations.   Suite...

 
Le décret imposant aux groupes étrangers d'obtenir l'autorisation de l'Etat pour prendre le contrôle d'entreprises stratégiques françaises obligera les candidats à l'achat de la branche énergie d'Alstom à négocier avec lui. /Photo prise le 27 avril 2014/REUTERS/Stéphane Mahé