La résistance de Renault-Nissan à la crise russe à ses limites

mercredi 14 mai 2014 16h40
 

par Laurence Frost et Megan Davies

PARIS/MOSCOU (Reuters) - Renault surveille attentivement la question des sanctions à l'égard de la Russie, même si le constructeur français et son partenaire japonais Nissan devraient pouvoir mieux résister que bon nombre de leurs concurrents à la crise ukrainienne.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont déjà décidé de sanctions, notamment contre Sergueï Tchemezov, le vice-président du constructeur automobile russe AvtoVAZ,, contrôlé par Renault-Nissan.

Renault est entré au capital d'AvtoVAZ en 2008 moyennant un milliard de dollars (729 millions d'euros au cours actuel) et l'alliance Renault-Nissan a depuis pris une majorité de contrôle dans le fabricant de la Lada.

"Nous sommes prudents sur le court terme en Russie en ce qui concerne l'économie", a déclaré Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, lors de la publication cette semaine des résultats de Nissan, "mais (il n'y a) absolument aucune inquiétude sur les perspectives de croissance à moyen et long termes."

L'impact des sanctions actuelles et potentielles fait cependant l'objet d'une analyse des services juridiques du groupe.

"Nous sommes toujours en train d'étudier le régime de sanctions et ce qu'il implique exactement pour Renault", a dit sous couvert d'anonymat un avocat du groupe.

En dehors de la vice-présidence d'AvtoVAZ, Sergueï Tchemezov est à la tête de Rostec, partenaire de Renault-Nissan dans la coentreprise qui contrôle le constructeur russe via une participation de 74,5%.

Le nom de Sergueï Tchemezov figure sur la liste des sept officiels russes visés par les mesures américaines annoncées le mois dernier, qui inclut notamment un gel de leurs avoirs. Un durcissement des sanctions pourrait suivre si la crise en Ukraine s'aggravait.   Suite...

 
Renault surveille attentivement la question des sanctions à l'égard de la Russie, même si le constructeur français et son partenaire japonais Nissan devraient pouvoir mieux résister que bon nombre de leurs concurrents à la crise ukrainienne. /Photo d'archives/REUTERS/Maxim Shemetov