Le marché obligataire anesthésié par l'inflation très faible

mercredi 14 mai 2014 15h45
 

par Mike Dolan

LONDRES (Reuters) - La perspective d'une inflation durablement très faible ("faible-flation") dans les économies développées est désormais si largement acceptée par les investisseurs qu'un simple frémissement à la hausse des prix pourrait provoquer un choc violent.

La hausse des dettes souveraines sur fond d'instabilité des marchés actions et des pays émergents dans un contexte politique tendu avec la crise ukrainienne est une des surprises des premiers mois de l'année en matière de stratégie d'investissement.

Les investisseurs ont privilégié les valeurs refuge comme les Treasuries ou les Bunds, prenant à contre-pied de nombreux responsables de stratégie qui ont, pour certains d'entre eux, qualifié de "toxiques" des rendements obligataires toujours plus bas dans un contexte de reprise économique, de recul du risque systémique et de retour de l'appétit pour le risque.

La faiblesse persistante des prix, voire la poursuite de la baisse de l'inflation, a été le principal moteur de cet engouement pour l'obligataire car elle a permis de maintenir voire d'améliorer les rendements réels sur les titres à taux fixes.

Avec le passage de l'inflation en zone euro sous le seuil de 1%, les obligations souveraines des pays du bloc - coeur comme périphérie - ont poursuivi leur hausse, l'accélérant même dans la perspective d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait intervenir le mois prochain.

En Irlande, le taux d'inflation est ainsi passé de 2,6% en rythme annuel en août 2012 à 0,4% le mois dernier, soit une baisse de 220 points de base. Dans le même temps, le rendement des obligations d'Etat irlandaises a diminué de 140 points de base, leur taux réel demeurant donc supérieur à son niveau d'il y a deux ans, soulignent les économistes de Brown Brothers Harriman.

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Selon des experts, la perspective d'une inflation durablement très faible ("faible-flation") dans les économies développées est désormais si largement acceptée par les investisseurs qu'un simple frémissement à la hausse des prix pourrait provoquer un choc violent.  /Photo d'archives/REUTERS/Neil Hall