14 mai 2014 / 10:20 / il y a 3 ans

La Banque d'Angleterre ne voit pas d'urgence à relever les taux

La Banque d'Angleterre estime qu'elle n'aura pas à relever son taux directeur plus rapidement que prévu, explique-t-elle mercredi dans son rapport trimestriel sur l'inflation, ce qui suggère qu'un premier resserrement de sa politique monétaire pourrait intervenir dans un an environ. /Photo d'archives/Toby Melville

LONDRES (Reuters) - La Banque d'Angleterre estime qu'elle n'aura pas à relever son taux directeur plus rapidement que prévu, dit-elle mercredi dans son rapport trimestriel sur l'inflation, ce qui suggère qu'un premier resserrement de sa politique monétaire pourrait n'intervenir que dans un an environ.

Le comité de politique monétaire (MPC) de la banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de chômage pour les deux prochaines années mais il a maintenu pour l'essentiel ses projections en matière de croissance et d'inflation, ainsi que ses hypothèses sur le calendrier possible de l'évolution des taux.

La livre a touché un plus bas d'un mois contre le dollar après la publication du rapport, les marchés ayant parié sur un durcissement monétaire anticipé. Les cours des gilts (emprunts d'Etat britanniques) ont monté.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a estimé que l'économie britannique commençait à peine à se remettre de la crise financière de 2007-2009.

"Avec le temps et la vigueur de la reprise, l'économie s'est rapprochée du point à partir duquel les taux devront progressivement monter. La date exacte de ce moment sera inévitablement l'objet de nombreuses spéculations", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,8% au premier trimestre, la croissance de la Grande-Bretagne évolue à son rythme le plus marqué en plus de six ans.

L'économie britannique devrait afficher cette année une croissance de plus de 3%, la plus forte des grands pays industrialisés, et les prix immobiliers ont augmenté d'environ 10% depuis un an, ce qui nourrit les craintes de voir se former une bulle immobilière.

Mark Carney a comparé l'actuelle phase de reprise de la Grande-Bretagne à la qualification de l'équipe d'Angleterre pour la coupe du monde de football qui commence dans moins d'un mois au Brésil. "(Se qualifier) est une première réalisation, mais ce n'est pas le but ultime. Le vrai tournoi ne commence qu'à peine et la récompense est une période d'expansion durable, forte et équilibrée", a-t-il poursuivi.

CAPACITÉS DE PRODUCTION EXCÉDENTAIRES

Tout en expliquant que les capacités excédentaires de production ont probablement diminué ces derniers mois, la BoE explique que "comme exposé dans ses prévisions de février, quand le comité commencera vraiment à relever le taux directeur, il prévoit de ne le faire que graduellement et à un niveau nettement inférieur à son niveau moyen d'avant la crise".

La banque centrale prévoit que l'inflation devrait être, d'ici deux ans, légèrement inférieure à son objectif de 2%, en se fondant sur l'hypothèse d'une hausse des taux d'intérêt au deuxième trimestre de l'an prochain, durant lequel devraient avoir lieu les élections législatives.

Les indicateurs économiques solides publiés ces dernières semaines ont conduit certains analystes à conclure que la BoE pourrait resserrer sa politique plus tôt que prévu et, ces derniers jours, les marchés anticipaient une hausse de taux dans neuf mois environ, donc au premier trimestre 2015.

Mais la BoE s'emploie à souligner que l'économie ne fait que rattraper le niveau qu'elle avait atteint avant la crise financière, un rattrapage qui lui a pris plus de temps qu'à la plupart des autres pays touchés.

La banque centrale table sur une croissance de 3,4% cette année, un chiffre inchangé par rapport à février, mais le taux de chômage devrait diminuer plus vite que prévu il y a trois mois, pour revenir à 5,9% dans deux ans, contre 6,4% attendu dans le rapport de février.

La BoE explique que l'appréciation récente de la livre sterling devrait étouffer les pressions inflationnistes liées à l'accélération de la baisse du chômage et à l'amélioration des perspectives en matière de productivité.

Le taux de chômage britannique était de 6,8% au premier trimestre de cette année et en février, la BoE avait déclaré que seul un chômage inférieur à 6,0%-6,5% risquait de commencer à alimenter l'inflation.

Marc Angrand et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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