Pfizer défend son OPA avant de répondre au parlement britannique

lundi 12 mai 2014 17h08
 

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a défendu lundi la logique économique de son projet d'OPA sur son homologue britannique AstraZeneca, s'interrogeant sur la capacité de ce dernier à rester indépendant encore très longtemps.

Pfizer a également affirmé que ses engagements d'achever l'installation d'un nouveau centre de recherche d'AstraZeneca à Cambridge, de ne pas fermer l'usine de Macclesfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, et de localiser 20% de ses effectifs de recherche en Grande-Bretagne en cas de succès de son OPA étaient légalement contraignants.

Le projet d'OPA de 106 milliards de dollars (76,6 milliards d'euros) de Pfizer serait le plus important jamais monté sur une entreprise britannique. Il suscite l'opposition de nombre de scientifiques et de politiciens, et d'AstraZeneca lui-même. Le Parlement britannique s'est emparé d'un dossier qui ne cesse de fairet les grandes lignes à travers les médias britanniques.

Pfizer affirme qu'AstraZeneca, le deuxième pharmacien britannique, n'a pas les reins assez solides financièrement pour tirer le meilleur parti de ses traitements expérimentaux.

"La tombée prochaine de brevets dans le domaine public et un manque à gagner à court terme remettent en cause sa capacité à exploiter pleinement une gamme très prometteuse", explique-t-il dans un document soumis à une commission parlementaire.

Ian Read, le patron de Pfizer d'origine écossaise, sera soumis mardi au feu roulant des parlementaires britanniques sur une opération qui semble pour une bonne part motivée par des considérations fiscales.

Les parlementaires interrogeront aussi le patron français d'AstraZeneca Pascal Soriot et le ministre des entreprises Vince Cable. Les deux directeurs généraux seront à nouveau interrogés le 14 mai par une autre commission parlementaire, ainsi que le ministre britannique des sciences David Willetts.

Ce dernier devra donner son avis sur les aspects scientifiques de l'opération, Pfizer ayant dit lundi qu'il voulait bâtir une "pépinière scientifique basée au Royaume-Uni".   Suite...

 
People walk past the Pfizer World headquarters in New York, February 3, 2010. Pfizer, the world's largest drugmaker, projected 2010 earnings below analysts' average forecast, saying the strengthening dollar would crimp earnings.  REUTERS/Brendan McDermid (UNITED STATES - Tags: BUSINESS SOCIETY) - RTR29SXY