Japon-Croissance attendue à +4,2% au T1, en trompe-l'oeil

lundi 12 mai 2014 10h37
 

par Tetsushi Kajimoto

TOKYO (Reuters) - L'économie japonaise a probablement enregistré une forte croissance sur le trimestre janvier-mars mais cette performance pourrait n'être qu'un feu de paille lié à des achats anticipés des ménages avant le relèvement de trois points de la TVA entré en vigueur le 1er avril.

Ce bond passager de la consommation des ménages masque une demande extérieure toujours faible, qui risque de peser sur la croissance dans les prochains trimestres et pourrait inciter la Banque du Japon (BoJ) à assouplir encore sa politique monétaire.

L'estimation médiane de 27 économistes interrogés par Reuters donne une croissance annualisée de 4,2% au premier trimestre, ce qui marquerait un sixième trimestre consécutif d'expansion pour la troisième économie mondiale. Ce serait également le chiffre le plus élevé depuis celui de 4,5% enregistré au même trimestre de 2013, après le retour au pouvoir du Premier ministre Shinzo Abe.

Par rapport aux trois derniers mois de 2013, la croissance est attendue à 1,0%, ce qui marquerait une accélération après la hausse séquentielle de 0,2% enregistrée en octobre-décembre.

La consommation privée, qui représente environ 60% de l'économie, devrait avoir progressé de 2,1% sur le trimestre, ce qui serait un plus haut depuis le premier trimestre 1997, là aussi avant un rélèvement de la TVA.

L'investissement, point faible de la reprise au Japon depuis un an, aurait augmenté de 2,1%, sa plus forte hausse depuis le bond de 7,9% enregistré au dernier trimestre 2011 sur fond de reconstruction après le séisme et le tsunami de mars 2011.

La demande extérieure, à l'inverse, devrait avoir amputé la croissance trimestrielle de 0,4 point de pourcentage après avoir déjà eu un impact négatif de 0,5 point lors des trois mois précédents.

Cette contribution négative est due à l'important déficit commercial japonais, la dépréciation du yen ayant fait exploser la facture pétrolière alors même que le pays a accru ses importations d'énergie après l'arrêt de ses réacteurs nucléaires consécutif à la catastrophe de Fukushima.   Suite...

 
Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda. La demande extérieure toujours faible, qui risque de peser sur la croissance nipponne dans les prochains trimestres, pourrait inciter la BoJ à assouplir encore sa politique monétaire. /Photo prise le 20 mars 2014/REUTERS/Yuya Shino