Omnicom et Publicis renoncent à leur fusion

vendredi 9 mai 2014 16h20
 

par Jean-Michel Belot et Gwénaëlle Barzic et Soyoung Kim

PARIS/NEW YORK (Reuters) - Les groupes publicitaires Publicis et Omnicom ont renoncé vendredi à leur projet de fusion de 35 milliards de dollars, les obstacles à l'opération qui devait donner naissance au nouveau numéro un mondial étant devenus insurmontables.

Annoncé en grande pompe l'été dernier, le projet s'est, au fil des mois, enlisé dans des lenteurs administratives, les divergences de culture d'entreprise et les difficultés à concrétiser cette fusion "entre égaux" promise par le français et l'américain.

Face à l'incertitude croissante et après neuf mois de travaux qui ont mobilisé beaucoup de leurs équipes, les sociétés ont préféré renoncer à leur ambitieuse alliance qui devait leur permettre de mieux résister face aux géants du numérique.

"Nous avions une fusion entre égaux, j'étais très attaché à ce concept et je n'étais pas prêt à céder sur ce point. Le sujet était le modèle et le concept Publicis que je ne voulais pas voir dilués", a expliqué à Reuters le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy.

Les modalités de la fusion prévoyaient que les actionnaires actuels de Publicis et Omnicom détiennent chacun 50% du capital de la nouvelle entité, qui devait être codirigée par Maurice Lévy et son alter ego d'Omnicom, John Wren, pendant 30 mois.

Mais Omnicom voulait aussi que ses dirigeants occupent les fonctions de secrétaire général et de directeur financier, selon Maurice Lévy, une requête incompatible à ses yeux avec l'équilibre censé prévaloir sur l'opération.

"Vous ne pouvez pas annoncer quelque chose et faire quelque chose de différent. Je n'ai pas réussi à convaincre John Wren que l'équilibre, c'est l'équilibre", a expliqué aux analystes le dirigeant emblématique de 72 ans qui s'est dit "profondément déçu" de l'échec du projet.

Le choix du directeur financier, autour duquel les tensions se sont cristallisées, aurait déterminé si la future entité optait pour la stratégie de centralisation des coûts de Publicis, qui lui permet d'afficher des marges supérieures à celles de ses rivaux, ou au contraire pour la décentralisation d'Omnicom.   Suite...

 
Le président du directoire de Publicis Maurice Lévy (au premier plan) et le directeur général d'Omnicom John Wren lors d'une conférence de presse à Paris en juillet dernier. Les deux groupes publicitaires ont renoncé vendredi à leur projet de fusion de 35 milliards de dollars, les obstacles à l'opération qui devait donner naissance au nouveau numéro un mondial étant devenus insurmontables. /Photo prise le 28 juillet 2013/REUTERS/Christian Hartmann