Barclays supprime 19.000 postes pour tenter de rebondir

jeudi 8 mai 2014 18h47
 

par Steve Slater

LONDRES (Reuters) - Barclays a définitivement renoncé jeudi à son ambition de devenir un grand nom de Wall Street en annonçant vouloir renouer avec ses racines dans la banque de détail, ce qui passera par des milliers de suppressions de postes et le cantonnement de l'essentiel de ses activités de banque d'investissement dans une "bad bank".

Les investisseurs ont réservé un bon accueil à ce virage stratégique puisque le titre de la banque a fini la journée sur un bond de 7,87% à 255,3 pence, affichant de loin la plus forte hausse de l'indice européen FTSEurofirst 300.

Au total, Barclays va supprimer 19.000 emplois sur les trois ans à venir et va créer une "bad bank" regroupant la majeure partie de ses activités de banque d'investissement et de banque de détail en Europe, un plan censé lui permettre de compenser le déclin de ses activités de courtage.

Le directeur général du groupe britannique, Antony Jenkins, en poste depuis août 2012, a entrepris de restructurer la division de banque d'investissement, longtemps moteur des profits du groupe mais affaiblie aujourd'hui par la baisse de ses revenus, par une série de départs au sein de sa direction et par un désaccord avec certains actionnaires sur la politique de bonus.

Selon Antony Jenkins, le brutal arrêt de la hausse des revenus de trading n'est pas simplement le fait d'un effet de cycle mais est, au contraire, en partie irréversible en raison du durcissement de la réglementation imposée ces 12 derniers mois aux grandes banques, qui rend certaines activités de trading trop onéreuses.

"Nous allons restructurer et reconfigurer nos activités de banque d'investissement pour donner plus d'équilibre à Barclays. Telle qu'elles sont actuellement constituées, elles représentent un poids inacceptable", a-t-il dit à des analystes et des investisseurs.

Au terme de la dernière revue stratégique en date - la deuxième en deux ans - Barclays prévoit donc de supprimer 7.000 postes en banque d'investissement, soit un quart des effectifs de la division - et de cantonner quelque 90 milliards d'euros d'actifs à risque de la division dans une structure ad hoc.

La banque d'investissement ne devrait ainsi plus représenter que 30% au maximum des actifs à risque du groupe, contre 50% aujourd'hui.   Suite...

 
Barclays a annoncé jeudi la suppression de 19.000 emplois sur les trois ans à venir et la création d'une "bad bank" regroupant la majeure partie de ses activités de banque d'investissement et de banque de détail en Europe, un plan censé lui permettre de compenser le déclin de ses activités de courtage. /Photo prise le 8 mai 2014/REUTERS/Stefan Wermuth