Pour Siemens, Alstom complique une stratégie déjà délicate

mardi 6 mai 2014 07h46
 

par Noah Barkin et Irene Preisinger

BERLIN (Reuters) - Lorsqu'il a pris l'été dernier la tête de Siemens après une révolution de palais, Joe Kaeser a promis que sa priorité serait de combler le retard du groupe en terme de rentabilité sur des concurrents comme General Electric.

Dix mois plus tard, le Bavarois s'apprête à détailler mercredi sa nouvelle stratégie mais son discours risque d'être occulté par la bataille dans laquelle le géant allemand a dû se lancer face à GE pour le contrôle des activités d'énergie d'Alstom.

Investisseurs et actionnaires s'attendent à ce que Joe Kaeser annonce une réorganisation d'envergure de Siemens, qui passerait par des milliers de suppressions de postes, un certain nombre d'acquisitions et de cessions d'ampleur limitées.

Siemens a annoncé la semaine dernière qu'il formulerait une offre sur Alstom et selon une source proche du dossier, sa proposition valoriserait la branche énergie Alstom à 10,5 milliards d'euros, en incluant du cash et des transferts d'actifs ferroviaires au groupe français.

L'offensive de Siemens sur le français est la première opération d'envergure tentée depuis l'arrivée de Joe Kaeser et elle aura pour lui figure de test. "C'est son premier acte majeur, sa première acquisition", souligne Christoph Niesel, gestionnaire de fonds d'Union Investment. "Si cela tourne mal, il ne pourra pas le reprocher à son prédécesseur. Il en sera responsable."

Depuis que Joe Kaeser est à la tête de Siemens, l'action du groupe allemand, a progressé de près de 17% et elle a même un temps dépassé les 100 euros pour la première fois en six ans, signe de la confiance des marchés à son égard. Lundi, le titre se traitait à 92,87 euros à la mi-journée, en baisse de 1,3%.

Pour le deuxième trimestre de son exercice décalé, les analystes s'attendent à ce que Siemens fasse part d'une hausse de 27% de son bénéfice imposable.

Soucieux de préserver cet élan, Joe Kaeser devrait proposer une restructuration de grande ampleur qui mettrait un terme à l'organisation du groupe en quatre segments distincts (industrie, énergie, santé et infrastructures).   Suite...

 
Alors que Joe Kaeser, le patron de Siemens, s'apprête à détailler mercredi sa nouvelle stratégie visant à combler le retard du groupe en terme de rentabilité sur des concurrents, son discours risque d'être occulté par la bataille dans laquelle le géant allemand a dû se lancer face à General Electric pour le contrôle des activités d'énergie d'Alstom. /Photo prise le 30 septembre 2013/REUTERS/Michaela Rehle