Un lobby favorable à la City redoute une sortie de l'UE

dimanche 27 avril 2014 10h33
 

LONDRES (Reuters) - Une sortie de l'Union européenne pourrait isoler l'économie britannique et coûter à Londres son rang de seule place financière concurrente de New York, estime un lobby favorable à la City.

Face aux pressions des eurosceptiques, le Premier ministre David Cameron a promis de renégocier les termes de l'appartenance britannique à l'UE et de la soumettre à un référendum d'ici la fin 2017 s'il est reconduit en 2015.

Mais beaucoup de banques, assureurs et gestionnaires de fonds parmi les plus puissants de la City s'inquiètent de plus en plus de ce pari du chef du gouvernement, qui pourrait déboucher sur une sortie de l'UE.

"Le maintien dans l'UE est essentiel à la bonne santé économique de ce pays", souligne Gerry Grimstone, président du lobby TheCityUK, qui rassemble gestionnaires d'actifs, banques assureurs et cabinets de comptabilité.

"Notre recherche montre clairement que quitter l'UE serait gravement dommageable pour la croissance et l'emploi au Royaume-Uni", dit-il.

Le cabinet d'avocats Clifford Chance a étudié cinq scénarios de sortie de l'UE qui selon lui affecteraient tous négativement le secteur financier - qui représente environ un dixième du produit intérieur brut britannique.

"Le succès de l'industrie financière britannique s'appuie dans une large mesure sur la législation du marché intérieur de l'UE. Abandonner cela pour une alternative non testée, inconnue et imprévisible comporterait des risques très significatifs", explique Malcolm Sweeting, l'un des associés de ce cabinet.

"Le Royaume-Uni est un acteur puissant au sein de l'UE et devrait conserver sa capacité à pousser en faveur de réformes en tant que pays membre."

Les adversaires de l'Europe jugent que l'économie britannique s'en sortirait mieux si le pays quittait l'UE et l'opinion publique, à en croire les sondages, reste partagée.

(Guy Faulconbridge; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 
Selon un lobby favorable à la City, une sortie de l'Union européenne pourrait isoler l'économie britannique et coûter à Londres son rang de seule place financière concurrente de New York. /Photo d'archives/REUTERS/Olivia Harris