Paris mise sur croissance et économies pour apaiser l'UE

mercredi 23 avril 2014 21h01
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français mise autant sur la croissance que sur les économies pour redresser la barre de ses comptes publics d'ici la fin du quinquennat De François Hollande, au risque de manquer une fois de plus ses objectifs si la reprise manque de souffle.

Le programme de stabilité présenté mercredi, qui vise notamment à éviter des sanctions européennes, repose ainsi sur des hypothèses de progression du produit intérieur brut pour 2015 qui comportent des fragilités, selon le Haut Conseil des finances publiques (HCFP).

Quant à celles pour 2016-2017, elles sont jugées optimistes par l'organisme indépendant dans son avis publié mercredi.

Avec son nouveau programme, le gouvernement veut réduire les déficits tout en améliorant la compétitivité des entreprises pour enrayer la baisse de l'emploi, au prix de 50 milliards d'euros d'économies déjà détaillées.

"Nous savons que c'est une stratégie exigeante, qui demande du courage de la part de tous mais c'est une stratégie qui est à la mesure des enjeux", a dit le ministre des Finances, Michel Sapin, devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Les économies se feront au rythme de 21 milliards d'euros en 2015, 16 milliards en 2016 et 13 milliards en 2017, a ensuite précisé le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, lors d'une conférence de presse.

Ces 50 milliards, qui doivent passer par un gel temporaire des prestations sociales et du point d'indice de la rémunération des fonctionnaires, font l'objet d'un vif débat au sein du Parti socialiste, qui va jusqu'à menacer l'issue du vote sur le programme de stabilité le 29 avril à l'Assemblée.

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Le ministre des Finances Michel Sapin en compagnie du secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, mercredi à Bercy. Le programme de stabilité présenté mercredi en conseil des ministres puis à la presse mise autant sur la croissance que sur les économies pour redresser la barre des comptes publics de la France d'ici la fin du quinquennat, au risque de manquer une fois de plus ses objectifs si la reprise manque de souffle.  /Photo prise le 23 avril 2014/REUTERS/Philippe Wojazer