Les banques reviennent en odeur de sainteté en Europe

lundi 21 avril 2014 12h06
 

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - Jacques de Larosière se propose d'aider les banques à en finir définitivement avec la crise financière par le biais de la titrisation, méthode qui, de l'avis de certains experts, est loin d'être sans danger.

Directeur - entre autres choses - du groupe de réflexion parisien Eurofi, l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) propose un système de titrisation des crédits montés lors des années fastes et devenus avec la crise un poids mort pour les bilans bancaires.

Ces titres seraient destinés à une clientèle d'assureurs, de fonds de pension voire même à la banque centrale européenne (BCE), et le procédé serait censé inciter des banques ainsi délestées de ces créances à prêter à des PME en mal de crédits.

Le projet, dont les grandes lignes ont été présentées en mars lors d'une conférence d'Eurofi en marge d'une réunion des grands argentiers européens à Athènes, pourrait jouer un rôle crucial si la BCE se lançait dans un programme d'assouplissement quantitatif (QE) l'autorisant à racheter de telles valeurs mobilières.

"Cela donnerait de l'air à un secteur financier qui suffoque", a dit Jacques de Larosière, 84 ans, à Reuters.

Le procédé a ses partisans. La Commission européenne a dit en mars qu'elle assouplirait la réglementation pour permettre aux assureurs et aux fonds de pension d'investir dans de la dette titrisée. La BCE elle-même accepte davantage de ce type de papier comme collatéral pour ses avances.

Michel Barnier, le commissaire européen chargé du secteur financier, a annoncé de son côté qu'il réduirait le montant du capital que les investisseurs doivent constituer pour couvrir les pertes éventuelles sur de tels placements, un geste de bonne volonté envers des banques soucieuses de les vendre rapidement.

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Jacques de Larosière, l'ex-directeur général du FMI,  se propose d'aider les banques à en finir définitivement avec la crise financière par le biais de la titrisation, méthode qui, de l'avis de certains experts, est loin d'être sans danger. Ces titres seraient destinés à une clientèle d'assureurs, de fonds de pension voire même à la BCE, et le procédé serait censé inciter des banques ainsi délestées de ces créances à prêter à des PME en mal de crédits. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier