L'inflation restera faible dans la zone euro

mercredi 16 avril 2014 17h11
 

par Sumanta Dey

(Reuters) - La menace de déflation restera réelle dans la zone euro au cours des deux prochaines années, alimentée par la vigueur de la monnaie et par une activité économique qui restera dans l'ensemble anémique, selon des économistes interrogés par Reuters.

La Banque centrale européenne (BCE) aura d'autant plus de mal à inverser la tendance que ses propres taux d'intérêt sont déjà à ou proches de zéro.

Le taux d'inflation dans la zone euro n'était que de 0,5% en mars, son niveau le plus faible depuis novembre 2009, alors que la BCE a un objectif d'un peu moins de 2%.

Ce taux bas s'inscrit dans une tendance mondiale à la désinflation mais n'en préoccupe pas moins les observateurs, y compris le Fonds monétaire international, qui craignent une spirale de baisse des prix - la déflation - comme celle qui a plombé le Japon pendant près d'une génération.

Les 61 économistes interrogés du 9 au 15 avril tablent en moyenne sur un taux d'inflation moyen de 0,9% au deuxième trimestre 2014 comme sur l'ensemble de l'année, qui augmenterait ensuite à 1,3% en 2015. La BCE ne voit pas l'inflation atteindre son objectif avant 2016.

"La BCE est probablement un peu complaisante avec la vigueur de l'euro et son effet désinflationniste", estime Jonathan Loynes chez Capital Economics. "Elle s'attend toujours à ce que l'inflation remonte vers son objectif à la fin de l'année prochaine et en 2016, mais la réalité est que certains pays périphériques sont en déflation."

L'inflation en variation annuelle est négative en Grèce et même en Espagne, une évolution d'autant plus inquiétante que ces économies sont en phase de reprise.

Dans le même temps, l'euro, en hausse de 4% depuis le début de l'année, ne montre aucun signe de relâchement en dépit de la perspective de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire de la part de la BCE.   Suite...

 
La menace de déflation restera réelle dans la zone euro au cours des deux prochaines années, alimentée par la vigueur de la monnaie et par une activité économique qui restera dans l'ensemble anémique, selon des économistes interrogés par Reuters.
La Banque centrale européenne aura d'autant plus de mal à inverser la tendance que ses propres taux d'intérêt sont déjà à ou proches de zéro. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski