La Grèce se prépare à un "étirement" de son énorme dette

dimanche 13 avril 2014 18h59
 

par Paul Taylor

PARIS (Reuters) - Il y a deux ans, la crise de la dette grecque avait failli faire exploser la zone euro. Aujourd'hui, les partenaires européens d'Athènes se préparent à alléger le fardeau de sa dette, sans renoncer à aucune créance mais en repoussant leur échéance tout en réduisant les taux d'intérêt, expliquent des responsables européens.

Cette perspective explique en partie le succès spectaculaire de l'émission de trois milliards d'euros à cinq ans bouclée par la Grèce jeudi, à la veille d'une visite à Athènes de la chancelière allemande Angela Merkel.

Pour les investisseurs, même si l'économie grecque reste très affaiblie, la prochaine étape du dossier est bel et bien un allègement du fardeau de la dette.

"Il a été pour une bonne part intégré dans les cours et le marché s'attend aussi à ce que la Grèce soit rapidement réévaluée par les agences de notation", explique Alessandro Giansanti, responsable de la stratégie de taux d'ING Bank à Amsterdam.

"Parallèlement, le marché s'attend à une réduction du principal de la dette officielle, et à aucune implication du secteur privé (dans une réduction de la dette) au cours des années à venir."

Le scénario devrait se préciser au cours des prochains mois, lorsqu'auront débuté les négociations avec la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) sur le financement à plus long terme de la Grèce et la sortie du programme d'assistance en cours.

Les dirigeants européens ont tout intérêt à soutenir la coalition fragile conduite par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, pour éviter une arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras, le chef de file du parti de gauche Syriza, qui réclame un allègement massif du montant de la dette.

Les pays d'Europe du Nord s'opposent fermement à un tel effacement d'une partie de la dette, expliquant que cela reviendrait à récompenser Athènes pour ses fautes passées.   Suite...

 
Il y a deux ans, la crise de la dette grecque avait failli faire exploser la zone euro. Aujourd'hui, les partenaires européens d'Athènes se préparent à alléger le fardeau de sa dette, sans renoncer à aucune créance mais en repoussant leur échéance tout en réduisant les taux d'intérêt, expliquent des responsables européens. /Photo prise le 9 avril 2014/REUTERS/Yorgos Karahalis